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Le Massacre de Nanjing: Horreur, Memoire Et Les Blessures de L'histoire

Le Massacre de Nanjing: Horreur, Memoire Et Les Blessures de L'histoire

Vitesse

Introduction

En decembre 1937 et janvier 1938, la ville de Nanjing, alors capitale de la Republique de Chine, devint le theatre de l'une des atrocites les plus devastatrices du vingtieme siecle. Pendant une periode d'environ six semaines, les soldats de l'Armee imperiale japonaise deferlèrent sur la ville en commettant des actes de meurtre de masse, de viol generalise, de pillage et d'incendie sur une echelle qui horrifia le monde entier et laissa une blessure dans la memoire nationale chinoise qui ne s'est jamais completement cicatrisee. L'evenement est connu sous les noms de Massacre de Nanjing et de Viol de Nankin, et il se dresse aux cotes de l'Holocauste et d'autres crimes de la Seconde Guerre mondiale comme exemple definitoire de ce que la violence d'Etat organisee dechainee sur des populations civiles peut produire. Les estimations du nombre de morts varient de quelques dizaines de milliers a plus de trois cent mille, et les chiffres precis demeurent l'une des questions historiques les plus controversees de l'erudition de l'Asie orientale moderne. Ce qui ne fait aucun doute, c'est que le massacre a eu lieu, qu'il fut horrible au-dela de toute capacite humaine normale de comprehension, et qu'il continue de fagonner les relations entre la Chine et le Japon de mainieres profondes jusqu'a nos jours.

Cet article retrace l'ensemble de l'arc du Massacre de Nanjing, depuis le contexte strategique plus large de la Seconde Guerre sino-japonaise et la bataille epuisante de Shanghai, en passant par les jours de la prise de la ville en decembre 1937, les six semaines de terreur qui suivirent, et la longue periode de l'apres-guerre devant les tribunaux pour crimes de guerre, les tensions diplomatiques entre la Chine et le Japon, le travail extraordinaire d'individus qui risquerent et dans certains cas donnerent leurs vies pour documenter et resister a l'horreur, et les nombreuses façons dont le massacre a ete remembere, dispute et deploye dans des arguments politiques au cours des decennies depuis qu'il s'est produit.

La Deuxieme Guerre Sino-Japonaise: Origines Et Escalade

Pour comprendre le Massacre de Nanjing, il est necessaire de comprendre la guerre qui l'a produit. La Deuxieme Guerre sino-japonaise debuta officiellement le 7 juillet 1937 avec un incident au Pont Marco Polo, une structure historique en pierre enjambant la riviere Yongding a quelque distance au sud-ouest de Pekin. Cette nuit-la, un soldat japonais disparut lors d'un exercice d'entrainement nocturne, et des officiers japonais exigerent la permission de fouiller la ville fortifiee adjacente de Wanping, une exigence que les commandants de la garnison chinoise refuserent fermement. Dans la confrontation qui s'ensuivit, des coups de feu furent echanges, et en quelques jours ce qui aurait pu facilement rester un incident local mineur s'etait transforme en une guerre a grande echelle entre le Japon et la Chine.

L'Incident du Pont Marco Polo fut l'etincelle, mais le feu couvait depuis tres longtemps. Le Japon avait occupe toute la Manchourie en 1931 par le biais d'une explosion fabriquee sur le chemin de fer de Mandchourie du Sud, un incident orchestre par des officiers de l'Armee du Kwantung sans autorisation du gouvernement civil a Tokyo. Le regime installe du Mandchoukouo etait un Etat fantoche japonais de nom, avec le dernier empereur Qing Puyi servant de figure de proue sous surveillance militaire japonaise. Tout au long du milieu des annees 1930, le Japon avait steadily avance vers le sud dans le reste de la Chine, etablissant des zones tampons demilitarisees, contraignant les autorites locales chinoises a accepter des arrangements d'autonomie qui les privaient effectivement du pouvoir reel, et engineerant une succession d'incidents utilises pour arracher des concessions au gouvernement chinois.

Le gouvernement du Generalissime Chiang Kai-shek faisait face a un dilemme strategique genuinement impossible: d'un cote l'armee japonaise avancait depuis le nord, et de l'autre le Parti communiste chinois continuait de representer un defi direct a la domination nationaliste. La politique de Chiang de pacification interne avant la resistance exterieure, bien que critiquee par de nombreux patriotes chinois a l'epoque, reflecait une evaluation realiste de la faiblesse militaire chinoise face au Japon. En 1937, cependant, la combinaison de la pression japonaise et de la colere genuinement ressentie par l'opinion publique chinoise avait rendu politiquement impossible toute poursuite de l'accommodation des exigences japonaises.

La Bataille de Shanghai Et la Marche Sur Nanjing

L'Armee imperiale japonaise etait une formidable force de combat, hautement entrainee, bien equipee et animee par une culture militaire qui valorisait enormement la valeur martiale, considerait la reddition comme profondement deshonorante, et cultivait chez ses soldats une attitude de superiorite raciale et culturelle envers l'ennemi chinois. L'Armee nationaliste chinoise, malgre des unites isolees de veritable qualite, etait profondement fragmentee dans sa structure de commandement, extremement variable dans son entrainement et son equipement parmi ses nombreuses forces constituantes, et encore alourdie par l'heritage de la periode des seigneurs de guerre.

Chiang Kai-shek prit un pari strategique delibere en engageant ses meilleures divisions de l'armee centrale entrainee par des Allemands dans la defense de Shanghai, calculant que les enormes interets commerciaux que les puissances occidentales avaient a Shanghai les amenerait a entrer dans le conflit aux cotes de la Chine. La bataille fut feroce. Les forces japonaises deployerent la puissance aerienne, le feu naval coordonne de navires de guerre ancorees dans la riviere Huangpu, et engagerent finalement plus de 200 000 soldats dans la bataille. Les soldats chinois se battirent dans des conditions d'extreme difficulte, defendant leurs positions batiment par batiment, bloc par bloc, dans certains des combats urbains les plus brutaux du vingtieme siecle. L'Armee nationaliste chinoise perdit peut-etre 187 000 tues et blesses pendant les trois mois de combats. Shanghai tomba le 12 novembre 1937.

La chute de Shanghai laissa Nanjing dangereusement exposee. Le debat politique sur la question de defendre la capitale ou de l'evacuer pour epargner sa population d'une bataille breve et inegale fut l'un des plus consequents et des plus controverses de la guerre. Les principaux conseillers militaires, notamment le General Bai Chongxi et le conseiller militaire allemand Alexander von Falkenhausen, deconseillaient la defense. Chiang Kai-shek, pesant simultanement les facteurs militaires et politiques, opta finalement pour la defense. Il nomma le General Tang Shengzhi pour commander la garnison. Tang declara publiquement qu'il se battrait jusqu'au dernier homme et mourrait avec la ville si necessaire, une declaration d'intention qu'il n'honora pas lorsque le moment de decision arriva. Chiang lui-meme quitta Nanjing avant que les Japonais n'atteignent ses abords.

La Chute de Nanjing: Decembre 1937

L'avance japonaise sur Nanjing fut rapide et coordonnee. Des unites de l'Armee centrale de Chine, avec Matsui Iwane au commandement general, convergerent sur la ville le long de multiples axes d'approche. Les avions japonais frappèrent continuellement les formations chinoises tentant d'organiser une defense coherente et la ville elle-meme. Vers les premiers jours de decembre 1937, les forces japonaises avaient atteint la ceinture defensive exterieure encerclant la ville, et la Bataille de Nanjing avait pleinement commence.

La defense dura approximativement du 1er au 13 decembre. Certaines unites chinoises se battirent avec une determination reelle et infligenrent des pertes significatives aux forces japonaises attaquantes. Mais les faiblesses structurelles de la defense rendirent le resultat inevitable. Pour le 12 decembre, le perimetre defensif exterieur s'etait effondre. Le General Tang Shengzhi emis un ordre de retraite puis quitta la ville lui-meme, laissant ses troupes sans ordres coherents ni aucun moyen viable d'echapper. Ce qui suivit fut un effondrement complet de l'organisation militaire.

Le 13 decembre 1937, les forces japonaises entrerent formellement et occuperent Nanjing. Ce qui se deroula au cours des six semaines suivantes etablit le Massacre de Nanjing comme l'une des atrocites definitives du vingtieme siecle.

La Zone Internationale de Securite

Avant la chute de la ville, un petit groupe de ressortissants etrangers qui avaient choisi de rester a Nanjing malgre le grave danger organisa ce qui s'appelerait le Comite International pour la Zone de Securite de Nanjing. La Zone de Securite couvrait environ 3,86 kilometres carres de la partie occidentale de la ville, une zone qui comprenait les campus du Ginling College pour Femmes et de l'Universite de Nanjing, les locaux de plusieurs ambassades etrangeres, les bureaux d'entreprises etrangeres dont Siemens, et plusieurs hopitaux et batiments institutionnels.

Le comite mena des negociations simultanement avec les autorites militaires chinoises et les representants diplomatiques japonais. Le gouvernement japonais n'accorda jamais de reconnaissance formelle a la zone comme zone protegee en vertu du droit humanitaire international, mais les commandants militaires japonais donnerent des assurances informelles que leurs forces ne penetreraient pas dans la zone. Ces assurances furent violees des presque les premiers jours de l'occupation, mais imparfaitement: la presence du Comite International fournit une certaine mesure reelle de protection. A son apogee, la Zone de Securite abrita entre 200 000 et 300 000 civils chinois.

John Rabe: Le Nazi Qui Sauva Des Vies Chinoises

Parmi les ressortissants etrangers qui organiserent et dirigerent la Zone Internationale de Securite, le plus eminent etait John Rabe, un homme d'affaires allemand qui avait vecu en Chine depuis 1908 et avait servi de nombreuses annees comme directeur de la succursale de Nanjing de la societe d'ingenierie electrique Siemens. Rabe etait egalement un membre engage du Parti nazi, un fait qui cree l'une des ironies morales les plus frappantes de tout l'episode. L'Allemagne et le Japon etaient lies par le Pacte Anti-Komintern de 1936 et etaient generalement consideres comme des partenaires politiques et strategiques. Dans ce contexte, la position de Rabe en tant que ressortissant allemand membre du Parti nazi lui confera une forme particuliere et perverse d'influence sur les autorites militaires japonaises a Nanjing.

Rabe fut elu president du Comite International pour la Zone de Securite de Nanjing par ses collegues, et il se lança dans ce role avec une energie et un engagement qui finirent par l'epuiser physiquement. Il confronta personnellement des soldats japonais aux limites de la Zone de Securite a de nombreuses reprises, mettant parfois litteralement son corps entre les soldats et les civils chinois qu'ils menagaient. Il utilisa son brassard du parti nazi comme talisman, le brandissant aux soldats japonais dans l'espoir evident que la reconnaissance de l'insigne national allemand les ferait hesiter.

Le journal de Rabe, tenu pendant les semaines du massacre dans le style precis et methodique d'un ingenieur allemand, est l'un des documents fondateurs du dossier historique du Massacre de Nanjing. Le journal fut publie en Allemagne en 1996 et traduit en anglais en 1998, fournissant enfin au public international l'un des recits de premiere main les plus puissants du massacre. Apres son retour en Allemagne en 1938, Rabe tenta de porter les preuves qu'il avait rassemblees a l'attention du gouvernement allemand et fut interroge et reduit au silence par la Gestapo. Il passa les annees d'apres-guerre dans une pauvrete genuinement difficile a Berlin, et ce furent des etudiants chinois en Allemagne qui organiserent la premiere reconnaissance significative de son role en temps de guerre. Il mourut en 1950, son role largement inconnu en dehors d'un petit cercle.

Minnie Vautrin: la Deesse de la Misericorde

Wilhelmina Vautrin, connue de tous sous le nom de Minnie, naquit a Secor, Illinois, en 1886 et devint une missionnaire educatrice en Chine sous les auspices de la Societe missionnaire chretienne unie. Elle servit au Ginling College pour femmes a Nanjing pendant de nombreuses annees et etait presidente par interim de l'institution lorsque l'avance japonaise rendit le sort de la ville evident. Comme Rabe, elle choisit de rester lorsque pratiquement toutes les autres femmes occidentales de la ville evacuaient. Sa decision de demeurer naquit d'un sens des responsabilites envers les femmes et les etudiantes chinoises qui dependaient de Ginling.

Vautrin transforma le campus de Ginling en un refuge pour les femmes et les filles a un moment ou la violence sexuelle devenait deja l'une des caracteristiques definitoires de l'occupation japonaise. Elle organisa l'enregistrement des refugies, patrouilla le campus jour et nuit, et se plaça maintes fois entre les soldats japonais et les femmes qu'ils tentaient d'enlever. A son apogee, le campus de Ginling abrita environ 10 000 femmes et enfants, un nombre qui depassait largement ce que les installations du campus pouvaient raisonnablement accueillir. Les habitants chinois de Nanjing l'appellerent Guanyin, la Deesse de la Misericorde, en reconnaissance de ce qu'elle representait pour eux pendant leur heure la plus sombre.

Le cout psychologique de ce dont elle fut temoin fut finalement au-dela de ce qu'elle pouvait supporter. Elle retourna aux Etats-Unis en 1940 dans un etat d'effondrement mental, souffrant d'une depression severe et de ce qui serait aujourd'hui reconnu comme un trouble de stress post-traumatique complexe. Elle mourut par suicide en Indiana en mai 1941, victime finale du massacre qu'elle avait survecu physiquement mais pas spirituellement. Elle est aujourd'hui commemoree par une statue a l'Universite normale de Nanjing.

John Magee Et Le Document Visuel

Le missionnaire episcopal John Magee, qui servit au sein du comite et travailla dans la Zone de Securite tout au long du massacre, apporta une forme de documentation qui allait au-dela du mot ecrit. Magee possedait une camera de cinema 16mm, et a un risque personnel considerable il l'utilisa pour filmer des preuves systematiques des atrocites commises dans et autour de la Zone de Securite. Il tourna environ 105 minutes de metrage au cours des semaines du massacre, documentant des survivants blesses de la violence japonaise a l'hopital ou il travaillait egalement, les suites de fusillades massives, et la devastation generale infligee a la ville.

Magee s'arrangea pour qu'une copie du film soit sortie de Nanjing cachee dans une valise par son collegue George Fitch. Le metrage atteignit les Etats-Unis et fut presente a des publics la-bas, devenant l'une des premieres preuves d'images en mouvement du massacre a atteindre les publics occidentaux. Au Tribunal militaire international pour l'Extreme-Orient, le Tribunal des crimes de guerre de Tokyo qui se reunit apres la defaite du Japon, Magee comparu comme temoin, temoigna de ce qu'il avait personnellement vu a Nanjing, et introduisit le metrage de son film comme preuve documentaire dans les procedements. Ce metrage reste, pres de neuf decennies plus tard, le seul enregistrement cinematographique connu du Massacre de Nanjing.

Les Atrocites: Massacres, Viols Et Destruction

Les atrocites commises pendant le Massacre de Nanjing engloberent pratiquement toutes les formes de violence que des soldats sont capables d'infliger a une population civile sans defense. Comprendre ce qui s'est passe pendant ces six semaines necessite d'examiner chaque categorie principale de violence avec quelques details, non pas pour rechercher le sensationnalisme mais parce que le caractere et l'ampleur specifiques des atrocites sont essentiels pour comprendre pourquoi le massacre est devenu un episode si central et douloureux dans les histoires modernes de la Chine et du Japon.

La categorie de meurtres la plus significative numeriquement fut l'execution de masse de prisonniers de guerre et d'hommes en age de combattre. La culture militaire japonaise traitait la gestion de grands nombres de prisonniers comme un probleme logistique insurmontable. Il n'y avait pas d'installations pour les loger, pas d'approvisionnement alimentaire suffisant pour les nourrir, et pas de volonte parmi les commandants japonais de laisser vivre des hommes potentiellement dangereux. Le resultat fut une politique d'execution systematique.

Des groupes de prisonniers, parfois au nombre de centaines et parfois de milliers, etaient emmenes sous escorte vers des endroits hors de la ville ou sur les rives du fleuve Yangtze et executes en masse. Les mitrailleuses etaient utilisees le plus souvent, fauchant des colonnes d'hommes attaches ou debout avec une efficacite terrible. A la Montagne Mufu, un grand massacre bien documente eut lieu dans lequel des milliers de prisonniers chinois furent tues sur plusieurs jours. Le long des rives du Yangtze et a Xia Guan, au nord des murailles de la ville, les corps s'accumulerent en des nombres que les observateurs decrivirent comme impossibles a compter.

La violence sexuelle qui accompagna et en quelque sorte definit le Massacre de Nanjing fut systematique, generalisee et toleree a de multiples niveaux de commandement. Le Tribunal militaire international pour l'Extreme-Orient estima de maniere conservative qu'au moins 20 000 cas de viol se produisirent pendant la periode du massacre. Le viol fut commis par des soldats japonais de tous grades et dans les circonstances les plus publiques. Des femmes de tous ages furent ciblees, des victimes allant de fillettes de sept ou huit ans a des femmes de soixante-dix et quatre-vingts ans. Les femmes et les filles furent enlevees des camps de refugies, saisies dans les rues, arrachees a leurs familles dans leurs maisons, et detenues dans des bordels militaires improvises pour des periodes prolongees.

Le pillage fut quasi universel et largement organise. Les soldats japonais depouilleren la ville de tout ce qui pouvait etre emporte. Le pillage etait regulierement suivi d'incendies, alors que les soldats brulaient les batiments dont ils avaient deja tire toute valeur. Les observateurs enregistrerent que de grandes portions de Nanjing brulerent en continu pendant des semaines. Les methodes de meurtres s'etendirent bien au-dela des simples fusillades. Des concours de decapitation, dans lesquels des officiers japonais auraient compete pour determiner qui pouvait decapiter le plus de prisonniers, furent rapportes dans les journaux japonais de l'epoque.

Le Bilan Des Victimes: Une Histoire Controversee

Aucun aspect du Massacre de Nanjing n'a suscite plus de controverses soutenues que la question du nombre de victimes. Le jugement contemporain le plus autoritaire fut rendu par le Tribunal militaire international pour l'Extreme-Orient qui tint ses procedures de 1946 a 1948. Le tribunal conclut que les forces japonaises avaient assassine plus de 200 000 Chinois dans la ville et ses environs, et condamna le General Matsui Iwane a etre pendu en partie sur la base de sa responsabilite. L'ancien Ministre des Affaires etrangeres Hirota Koki fut egalement condamne et pendu, le seul civil a recevoir une peine de mort au Tribunal de Tokyo.

Les estimations du gouvernement chinois situent le bilan des victimes a 300 000 ou plus. Cette figure figure sur l'entree du Memorial du Massacre de Nanjing et est traitee comme un fait etabli dans le discours officiel chinois. Les estimations academiques japonaises sont considerablement plus variees et en moyenne inferieures aux chiffres chinois, un corps substantiel d'historiographie academique japonaise arrivant a des estimations dans la fourchette de 40 000 a 200 000 tues. Les historiens occidentaux qui ont etudie la question le plus attentivement favorisent generalement des estimations dans la fourchette de 100 000 a 200 000 tues dans le massacre proprement dit, un nombre qui place deja le Massacre de Nanjing parmi les atrocites les plus devastatrices commises contre une population civile au vingtieme siecle.

Les Raisons Du Massacre

Les historiens ont debattu longuement de la question de la causalite. Plusieurs facteurs semblent avoir contribue aux conditions qui ont produit le massacre. Le premier facteur et le plus immediat fut l'effondrement de la discipline militaire et du commandement. Le General Matsui Iwane etait malade pendant une grande partie de la periode critique et n'exercait pas une surveillance etroite de ses commandants subordonnes. Le Prince Asaka Yasuhiko, membre de la famille imperiale qui prit le commandement direct des forces qui entrerent dans la ville, aurait emis des ordres compris par les commandants d'unites comme autorisant le meurtre de prisonniers.

Le deuxieme facteur principal fut la deshumanisation de l'ennemi chinois dans la culture militaire japonaise. Les soldats japonais avaient ete formes dans une culture militaire qui considerait les Chinois comme des inferieurs raciaux qui ne meritaient pas le respect qui pourrait etre accorde a un ennemi veritable. Troisiemement, le probleme specifique de gerer un nombre enorme de prisonniers sans ressources ni ordres adequats fit que les meurtres de masse semblerent a certains commandants la seule solution disponible. On estimait qu'il y avait jusqu'a 90 000 prisonniers chinois aux mains japonaises apres la chute de la ville.

Les Consequences: Tribunaux de Crimes de Guerre Et Responsabilite

La defaite du Japon dans la Seconde Guerre mondiale en aout 1945 ouvrit la question de la responsabilite pour les crimes commis pendant la guerre. Le General Matsui Iwane fut condamne et pendu le 23 decembre 1948, avec six autres criminels de guerre condamnes. Hirota Koki fut egalement condamne et pendu. En plus des procedures de Tokyo, la Chine conduisit son propre Tribunal des crimes de guerre de Nanjing en 1946 et 1947. Ce tribunal se concentra specifiquement sur les crimes commis a Nanjing et fut responsable des poursuites et de l'execution de plusieurs officiers japonais, notamment le General Tani Hisao, qui commandait l'une des divisions les plus profondement impliquees dans le massacre.

Le Massacre de Nanjing Dans Les Relations Sino-Japonaises

Le Massacre de Nanjing ne prit pas fin avec la cessation de la violence au debut de 1938. Au cours des decennies suivant la guerre, il devint l'un des points de tension les plus persistants et les plus dommageables dans la relation entre la Chine et le Japon. La question du manuel scolaire japonais devint une grande et recurrente controverse a partir des annees 1980. Des politiciens japonais d'extreme droite firent periodiquement des declarations niant ou minimisant le Massacre de Nanjing, generant des incidents diplomatiques et renforçant les perceptions chinoises d'une reticence japonaise a confronter genuinement le passe. La visite de Premiers ministres japonais au Sanctuaire Yasukuni a Tokyo, ou sont enshrines les esprits des morts de guerre du Japon incluant quatorze criminels de guerre de Classe A condamnes par le Tribunal de Tokyo, devint un point de tension particulierement saillant dans les relations sino-japonaises.

Memoire Et Commemoration

Le Memorial du Massacre de Nanjing est le site institutionnel de commemoration le plus significatif. Situe sur l'un des principaux sites du massacre a Nanjing, le memorial ouvrit en 1985 et fut substantiellement agrandi en 2007 pour inclure un nouveau batiment de musee couvrant environ 30 000 metres carres. L'inscription a l'entree du memorial indique que 300 000 victimes ont peri ici. Chaque 13 decembre, date de la chute de Nanjing, la Chine observe la Journee nationale de commemoration des victimes du Massacre de Nanjing, une commemoration formellement etablie par loi par l'Assemblee populaire nationale en 2014.

Le temoignage des survivants a ete recueilli avec une urgence croissante depuis les annees 1980, alors que la generation qui avait directement temoigne du massacre a vieillie et que ses membres sont morts en nombre croissant. Le journal intime de John Rabe fut publie en Allemagne en 1996 et traduit en anglais en 1998, fournissant enfin au public international l'un des recits de premiere main les plus puissants du massacre.

Iris Chang Et la Prise de Conscience Occidentale

Le Massacre de Nanjing resta relativement obscur en dehors de l'Asie orientale jusqu'en 1997, lorsque la journaliste et historienne sino-americaine Iris Chang publia un livre intitule Le Viol de Nankin: L'Holocauste oublie de la Seconde Guerre mondiale. Publie aux Etats-Unis, le livre devint un best-seller du New York Times et est credite d'avoir introduit le Massacre de Nanjing a un large public anglophone. Chang utilisa les journaux intimes de John Rabe et Minnie Vautrin, les rapports du Comite International, le temoignage des survivants, et une large gamme de sources secondaires pour construire un recit narratif accessible aux lecteurs generaux sans renoncer au serieux academique. Iris Chang mourut par suicide en Californie en novembre 2004, a l'age de trente-six ans.

Heritage Et Portee Durable

Le Massacre de Nanjing occupe une position unique dans l'histoire du vingtieme siecle. Ce fut l'une des plus grandes et des plus completement documentees atrocites commises dans une seule ville de la Seconde Guerre mondiale en dehors du genocide systematique de l'Holocauste. Il s'est produit dans un contexte de conflit militaire conventionnel plutot que du genocide industriel bureaucratise des camps de concentration nazis, ce qui en fait d'une certaine maniere un exemple plus representatif de ce que les armees peuvent faire aux populations civiles lorsque l'autorite de commandement echoue ou sanctionne deliberement la brutalite.

Pour la conscience nationale chinoise, le Massacre de Nanjing fonctionne comme un point de reference central de la souffrance et de la resilience nationales. Pour le Japon, le Massacre de Nanjing reste un element profondement inconfortable de l'histoire nationale. L'historiographie academique japonaise dominante accepte que le massacre a eu lieu. Une minorite persistante de citoyens et de politiciens japonais continue de nier ou de minimiser le massacre, generant des incidents diplomatiques et renforçant les perceptions chinoises d'une reticence japonaise.

Les survivants du Massacre de Nanjing sont presque tous morts maintenant. Ce qui reste est le dossier documentaire que les membres de la Zone Internationale de Securite compilerent a un tel cout pour eux-memes, les temoignages que les survivants donnerent avant de mourir, les travaux des historiens qui ont consacre leur carriere a reconstituer ce qui s'est passe, le memorial a Nanjing ou trois cent mille victimes sont honorees, et l'obligation que chaque generation suivante a de comprendre et de reconnaitre ce dont les etres humains sont capables de faire a d'autres etres humains lorsque les garanties institutionnelles et morales contre une telle violence sont absentes ou abandonnees. Le Massacre de Nanjing n'est pas seulement de l'histoire chinoise ou de l'histoire japonaise. C'est un chapitre dans l'histoire de ce que le vingtieme siecle a rendu possible et que le dossier humain est oblige de ne jamais oublier.

Sources

https://www.countryreports.org

https://sfi.usc.edu/collections/nanjing-massacre

https://www.britannica.com/event/Nanjing-Massacre

https://www.usip.org/sites/default/files/file/kasahara.pdf

https://www.newworldencyclopedia.org/entry/Nanjing_Massacre

https://www.womenshistory.org/education-resources/biographies/minnie-vautrin

https://www.mdpi.com/2077-1444/7/12/150

https://www.bdcconline.net/en/stories/vautrin-minnie

https://discipleshistory.org/wiki/minnie-vautrin/

https://apjjf.org/peter-goff/1643/article

https://libraryguides.law.marquette.edu/IMTFE/Videos

https://mct.barnard.edu/memories-of-the-nanjing-massacre/minnie-vautrin