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Histoire de la gymnastique et de la tradition olympique

Une histoire complète de la gymnastique depuis le gymnasion grec antique, en passant par la tradition allemande de Jahn, la FIG, la domination olympique de l'Union soviétique, de la Roumanie et des États-Unis, jusqu'à l'ère Simone Biles

Vitesse

Introduction

La gymnastique est l'une des disciplines sportives organisées les plus anciennes, dont la tradition documentée ininterrompue remonte aux établissements éducatifs du gymnasion de la Grèce antique, en passant par la tradition du Turnverein allemand du début du XIXe siècle fondée par Friedrich Ludwig Jahn, la tradition de la gymnastique scientifique suédoise de Per Henrik Ling, la fondation en 1881 de la fédération européenne de gymnastique (devenue par la suite la Fédération Internationale de Gymnastique), l'inclusion de la gymnastique aux Jeux olympiques inauguraux d'Athènes en 1896, et la tradition compétitive mondiale de la gymnastique moderne. Cette tradition documentée ininterrompue a engendré l'une des traditions sportives les plus continues de l'histoire de l'humanité.

Le paysage mondial de la gymnastique moderne repose sur les Jeux olympiques (la gymnastique figurant à chaque édition des Jeux olympiques d'été depuis 1896), les Championnats du monde de la FIG (organisés chaque année hors des années olympiques et tous les deux ans au sens large durant les années 1900 à 1970), la série de la Coupe du monde de la FIG, les divers championnats continentaux, notamment les Championnats d'Europe, les Championnats panaméricains, les Championnats d'Asie et les Championnats d'Afrique, ainsi que les diverses traditions de championnats nationaux. La croissance continue du circuit mondial moderne a été façonnée par la prééminence olympique, l'essor commercial de la gymnastique féminine d'élite et l'évolution continue des agrès et du système de notation compétitif.

Cet article retrace l'histoire complète de la gymnastique, depuis la tradition du gymnasion de la Grèce antique et la philosophie éducative fondatrice de Platon dans La République, en passant par la tradition du Turnverein allemand du début du XIXe siècle fondée par Friedrich Ludwig Jahn en 1811 sur le terrain de la Hasenheide aux portes de Berlin, la tradition de la gymnastique scientifique suédoise de Per Henrik Ling, les diverses fédérations nationales de gymnastique européennes du XIXe siècle, la fondation en 1881 de la Fédération Européenne de Gymnastique (devenue par la suite la FIG), l'inclusion aux Jeux olympiques d'Athènes en 1896, les traditions gymniques tchécoslovaque Sokol et slovène du début du XXe siècle, la domination soviétique de l'après-Seconde Guerre mondiale depuis Helsinki 1952 jusqu'à Séoul 1988 (l'équipe soviétique remportant sept des neuf médailles d'or par équipes sur cette période), la performance d'Olga Korbut à Munich en 1972, la série de dix parfaits de Nadia Comaneci à Montréal en 1976, la domination soviétique aux Jeux olympiques de Moscou en 1980, la médaille d'or de Mary Lou Retton à Los Angeles en 1984, la domination roumaine sous l'égide de Béla Károlyi, l'ascension chinoise dans les années 1990 et 2000, l'ère américaine moderne sous la direction de Márta Károlyi et des entraîneurs qui lui ont succédé, l'affaire des abus de Larry Nassar en 2018, l'ère Simone Biles au sens large, et l'avenir du paysage mondial de la gymnastique.

Gymnase grec antique et origines

Le gymnase grec antique (γυμνάσιον) était un élément fondamental de la vie civique et éducative de la Grèce antique, avec une pratique documentée en continu depuis au moins le sixième siècle avant notre ère jusqu'à l'abolition des Jeux olympiques antiques en 393 de notre ère. Le gymnase était l'équipement public central où les citoyens libres de sexe masculin de la Grèce antique pratiquaient l'entraînement physique, l'éducation intellectuelle et une socialisation plus large. Le terme grec « gymnos » (γυμνός, signifiant nu) faisait référence à la pratique traditionnelle de l'entraînement sans vêtements, reflétant la sensibilité esthétique grecque plus large pour le corps humain entraîné.

Les principaux gymnases athéniens antiques comprenaient l'Académie (où Platon établit son école philosophique en 387 avant notre ère), le Lycée (où Aristote établit son école philosophique en 335 avant notre ère) et le Cynosarges. Le principal gymnase spartiate antique était le Platanistas. Les diverses autres cités-États grecques antiques maintenaient leurs propres gymnases en tant qu'institutions civiques centrales. La fonction combinée athlétique, éducative et sociale du gymnase grec antique est l'une des caractéristiques fondatrices qui distinguait la vie civique grecque antique des cultures méditerranéennes contemporaines plus larges.

La philosophie éducative fondatrice de Platon dans La République (380 avant notre ère) soulignait l'intégration de l'éducation physique et intellectuelle, avec la formulation célèbre selon laquelle la gymnastique est au corps ce que la musique est à l'âme. Les Lois (348 avant notre ère), œuvre plus vaste de Platon, développaient abondamment le rôle de la gymnastique dans l'éducation des citoyens. La Politique (350 avant notre ère) et l'Éthique à Nicomaque (340 avant notre ère) d'Aristote soulignaient de même le rôle plus large de la gymnastique dans l'éducation des citoyens.

Le pentathlon grec antique, comprenant les épreuves de course, de saut, de disque, de javelot et de lutte, était la principale compétition athlétique multidisciplinaire des Jeux olympiques antiques. Le pentathlon fut disputé pour la première fois aux Jeux olympiques antiques en 708 avant notre ère. Le pentathlon se remportait en accumulant des victoires dans les cinq épreuves, le système de classement plus général variant selon les périodes des Jeux olympiques antiques.

La tradition athlétique et éducative grecque antique se transmit à travers les périodes hellénistique et romaine. La tradition du gymnase romain adapta le gymnase grec à l'entraînement civique et militaire romain plus large, les divers gymnases provinciaux romains s'étendant à travers l'Empire romain. Le déclin des gymnases romains au cours des périodes romaine tardive et byzantine primitive mit fin de manière substantielle à la tradition gymnique classique continue plus large.

La tradition athlétique médiévale européenne plus large, bien que moins organisée sur le plan institutionnel que la tradition du gymnase grec antique, se perpétua à travers les diverses traditions du tournoi, les diverses pratiques d'entraînement physique monastique et les diverses traditions d'entraînement des cours de la première Renaissance. Le traité De Arte Gymnastica de Hieronymus Mercurialis, publié à Venise en 1569, fut l'une des premières tentatives fondatrices de l'époque moderne pour faire revivre la tradition gymnique grecque antique par l'étude savante.

Friedrich Jahn et le Turnverein allemand

Friedrich Ludwig Jahn (1778-1852), pédagogue et nationaliste allemand universellement reconnu comme le père de la gymnastique moderne, a établi la tradition fondatrice du Turnverein allemand au début du XIXe siècle. Jahn grandit dans le Brandebourg et fit ses études dans diverses universités allemandes ; sa philosophie nationaliste plus large fut façonnée par l'occupation napoléonienne de l'Allemagne à la suite de la bataille d'Iéna-Auerstedt en 1806. La philosophie politique de Jahn mettait l'accent sur l'unité nationale allemande, la condition physique des citoyens comme fondement de la puissance nationale, ainsi que sur l'intégration de l'entraînement physique et de l'éducation patriotique.

Jahn fonda le premier Turnplatz (terrain de gymnastique) le 19 juin 1811, sur le terrain de la Hasenheide, aux abords de Berlin. Le Turnplatz de la Hasenheide comportait les agrès fondamentaux que Jahn avait mis au point, notamment les barres parallèles, la barre fixe, le cheval-arçons, les anneaux, le cheval de voltige, ainsi que divers autres agrès. L'ouvrage de Jahn publié en 1816, Die Deutsche Turnkunst (L'art allemand de la gymnastique), codifiait les agrès, les exercices et la philosophie éducative propres à Jahn.

Les agrès de Jahn ont établi la structure fondatrice de la gymnastique artistique masculine moderne. Les barres parallèles, la barre fixe, le cheval de voltige (devenu par la suite le saut de cheval), les anneaux et le cheval-arçons sont demeurés les principaux agrès de la gymnastique artistique masculine au cours des deux siècles suivants. Les agrès de Jahn, moyennant des perfectionnements relativement mineurs, constituent aujourd'hui encore les agrès officiels de la gymnastique artistique masculine aux Jeux olympiques.

Le mouvement des Turnvereins allemands se répandit rapidement dans les États allemands ainsi que dans les communautés de la diaspora allemande au cours des années 1810, 1820 et 1830. La suspension des activités des Turnvereins décrétée en 1819 par le gouvernement prussien — la « Turnsperre » au sens large, motivée par les préoccupations du gouvernement prussien quant aux activités politiques nationalistes des Turnvereins — dura jusqu'en 1842. La reprise des Turnvereins allemands dans les années 1840 et 1850 engendra une vaste infrastructure nationale de gymnastique en Allemagne.

Les révolutions européennes de 1848 virent la participation de nombreux membres des Turnvereins allemands du côté révolutionnaire. L'émigration ultérieure de plusieurs membres des Turnvereins allemands vers les États-Unis, en particulier au cours des années 1850, donna naissance à la tradition des Turnvereins américains. La fondation du premier Turnverein américain à Cincinnati en 1850, suivie de la création de nombreux autres Turnvereins à travers le Midwest américain au cours du XIXe siècle, consolida cette tradition.

Le Turnverein allemand perdura tout au long des XIXe et XXe siècles malgré diverses perturbations politiques et institutionnelles. La formation du Reich allemand en 1871 et la consolidation des Turnvereins allemands dans les années 1890 donnèrent naissance à la Deutsche Turnerschaft, principale fédération nationale de gymnastique en Allemagne. La Gleichschaltung (mise au pas) nazie de 1933 absorba la Deutsche Turnerschaft au sein du Deutsches Sport Reichsbund nazi. La réorganisation de la gymnastique allemande après la Seconde Guerre mondiale produisit le Deutscher Turner-Bund (DTB), qui est aujourd'hui la principale fédération allemande de gymnastique.

Per Henrik Ling et la tradition suédoise

Per Henrik Ling (1776-1839), pédagogue suédois de la gymnastique qui fonda l'Institut central royal de gymnastique à Stockholm en 1813, développa la tradition fondatrice de la gymnastique suédoise, laquelle évolua parallèlement à la tradition allemande de Jahn et finit par lui faire une concurrence substantielle tout au long du XIXe siècle. La gymnastique suédoise de Ling mettait davantage l'accent sur des principes anatomiques scientifiques, des applications médicales et rééducatives étendues, ainsi que des programmes d'éducation physique systématiques, plutôt que sur l'accent propre à Jahn pour la gymnastique aux agrès compétitive et l'éducation nationaliste.

La fondation en 1813 de l'Institut central royal de gymnastique à Stockholm par Ling (devenu par la suite l'Université de la gymnastique et du sport, aujourd'hui l'École suédoise des sciences du sport et de la santé) fut en grande partie portée par le soutien de la couronne suédoise au lendemain des guerres napoléoniennes. Le prince héritier de Suède Karl Johan (devenu par la suite le roi Karl XIV Johan de Suède, à l'origine le général français Jean-Baptiste Bernadotte) apporta un soutien considérable à l'initiative de Ling en faveur de la gymnastique suédoise. Le développement continu de l'Institut central royal tout au long des XIXe et XXe siècles donna naissance à la tradition suédoise de la gymnastique scientifique.

La publication par Ling en 1820 du Reglemente för Gymnastik (Règlement pour la gymnastique) ainsi que les manuels suédois de gymnastique qui suivirent codifièrent la tradition de la gymnastique suédoise. La classification en quatre catégories établie par Ling — pédagogique, militaire, médicale et esthétique — définit le programme de la gymnastique suédoise qui façonna substantiellement l'éducation physique européenne au cours des XIXe et XXe siècles.

La tradition de la gymnastique suédoise se répandit dans les systèmes éducatifs européens au cours du XIXe siècle. L'introduction de la gymnastique suédoise dans l'enseignement militaire britannique en 1837, son introduction dans les établissements scolaires publics européens dans les années 1860 et 1870, puis dans l'éducation physique américaine dans les années 1880 et 1890, établirent l'influence mondiale de la gymnastique suédoise. L'introduction en 1904 du système de gymnastique suédoise aux États-Unis, par la publication de divers manuels de gymnastique suédoise dans la Spalding Athletic Library, prolongea cette tradition suédoise.

La tradition de la gymnastique suédoise façonna substantiellement la philosophie ultérieure de l'éducation physique. L'accent mis sur l'exercice systématique fondé sur l'anatomie, l'intégration des applications médicales et rééducatives, les programmes systématiques adaptés aux différents groupes d'âge, ainsi que la priorité accordée à la santé plutôt qu'à la performance sportive compétitive distinguèrent la tradition suédoise de la tradition de Jahn.

La synthèse, au cours du XXe siècle, des traditions de Jahn et de Ling au sein de la structure moderne de la gymnastique compétitive donna naissance au programme de gymnastique olympique moderne. La gouvernance continue de la FIG (Fédération Internationale de Gymnastique) au fil des décennies suivantes a intégré des éléments tant de la tradition allemande des agrès de Jahn que de la tradition scientifique suédoise de Ling. Les diverses fédérations nationales de gymnastique ont quant à elles poursuivi leurs activités au cours des décennies suivantes.

La FIG, le Sokol et l'inclusion olympique de 1896

La Fédération Européenne de Gymnastique (FEG), prédécesseur de l'actuelle Fédération Internationale de Gymnastique (FIG), fut fondée en 1881 à Liège, en Belgique, par les fédérations membres fondatrices de Belgique, de France et des Pays-Bas. L'élargissement de 1921, visant à intégrer des fédérations non européennes, donna naissance à la Fédération Internationale de Gymnastique (FIG), dont le fonctionnement s'est poursuivi sans interruption au cours des décennies suivantes. La FIG a actuellement son siège à Lausanne, en Suisse, et son président en exercice est Morinari Watanabe.

Le mouvement Sokol (Faucon), fondé par Miroslav Tyrš et Jindřich Fügner à Prague en 1862 en tant qu'organisation de gymnastique nationaliste tchèque, devint l'un des mouvements de gymnastique nationale européens les plus importants du XIXe siècle. Le mouvement Sokol au sens large se répandit parmi les populations tchèque, slovaque, polonaise, slovène, croate, serbe, bulgare et ukrainienne à travers l'Europe centrale et orientale à la fin du XIXe siècle. Ce mouvement associait la pratique de la gymnastique à une activité politique nationaliste slave plus large.

Le mouvement Sokol organisait périodiquement le Slet (rassemblement Sokol), un festival de gymnastique de grande ampleur. Le premier Slet de Prague eut lieu en 1882, et les Slets suivants, organisés à Prague jusqu'en 1948, donnèrent naissance à des festivals de gymnastique extraordinaires. Le Slet de Prague de 1932 réunit quelque 200 000 gymnastes et 1,7 million de spectateurs, constituant l'un des plus grands événements de gymnastique organisés de toute époque. La répression communiste du mouvement Sokol tchèque et slovaque après la Seconde Guerre mondiale — le mouvement Sokol étant intégré dans l'appareil sportif communiste en 1948 — mit largement fin à la tradition originelle du Sokol.

Les Jeux olympiques d'Athènes de 1896, premiers Jeux olympiques modernes organisés par Pierre de Coubertin, comptaient la gymnastique masculine parmi leurs disciplines olympiques principales. Les épreuves de gymnastique des Jeux d'Athènes de 1896 comprenaient les barres parallèles, la barre fixe, le cheval d'arçons, les anneaux, le saut, la corde lisse ainsi que diverses autres épreuves aux agrès. Les médailles d'or olympiques de gymnastique des Jeux d'Athènes de 1896 furent dominées par les Allemands Carl Schuhmann (vainqueur au saut, dans les compétitions par équipes, ainsi qu'en lutte) et Hermann Weingärtner (vainqueur à la barre fixe et dans les compétitions par équipes, ainsi que lauréat de diverses autres médailles).

Les Jeux olympiques de Paris 1900, de Saint-Louis 1904 et de Londres 1908 perpétuèrent la tradition plus large de la gymnastique masculine. Les Jeux olympiques d'Amsterdam de 1928 introduisirent la gymnastique féminine au programme olympique. Les Jeux olympiques de Berlin de 1936, organisés par le gouvernement nazi allemand, présentèrent de nombreuses épreuves de gymnastique et firent un usage intensif de la tradition des agrès gymniques à des fins de propagande nazie. Les Jeux olympiques de Londres 1948, d'Helsinki 1952 et de Melbourne 1956 forgèrent la tradition gymnique d'après-guerre en plein essor.

La standardisation des agrès par la FIG au cours du XXe siècle se poursuivit au fil des décennies suivantes. Les premiers Championnats du monde de la FIG, organisés à Lausanne en 1948 (puis les deuxièmes en 1950), établirent la structure générale des Championnats du monde modernes. Les Championnats du monde de la FIG, organisés en continu tous les deux ans tout au long du XXe siècle — puis annuellement depuis la fin des années 1990 lors des années sans Jeux olympiques —, se sont poursuivis jusqu'à nos jours.

La domination soviétique et l'ère Larissa Latynina

La domination de la gymnastique féminine soviétique, de Helsinki 1952 à Séoul 1988, a produit l'un des résultats nationaux les plus extraordinaires dans quelque discipline olympique que ce soit. Les femmes soviétiques ont remporté la médaille d'or par équipes à chaque édition des Jeux olympiques de Helsinki 1952 à Moscou 1980 (soit huit médailles d'or consécutives par équipes sur une période de 28 ans), les Jeux olympiques de Los Angeles 1984 ayant été boycottés par l'Union soviétique et le bloc est-européen au sens large. La médaille d'or par équipes aux Jeux olympiques de Séoul 1988 a prolongé la domination de la gymnastique féminine soviétique.

Larissa Latynina, gymnaste soviétique (1934-2024, née à Kherson, RSS d'Ukraine), a accompli l'une des carrières individuelles les plus extraordinaires dans quelque discipline olympique que ce soit. Latynina a remporté 18 médailles olympiques lors des Jeux olympiques de Melbourne 1956, de Rome 1960 et de Tokyo 1964, dont 9 médailles d'or. Le total de 18 médailles olympiques de Latynina a constitué le record absolu de médailles olympiques toutes disciplines confondues pendant 48 ans, jusqu'à ce qu'il soit surpassé par le nageur américain Michael Phelps aux Jeux olympiques de Londres 2012.

Les quatre médailles d'or remportées par Latynina aux Jeux olympiques de Melbourne 1956 (concours par équipes, concours général, saut de cheval, sol) et ses trois médailles d'or aux Jeux olympiques de Rome 1960 (concours par équipes, concours général, sol) ont établi la domination de Latynina. Ses deux médailles d'or aux Jeux olympiques de Tokyo 1964 (concours par équipes, sol) ont prolongé sa carrière. La carrière d'entraîneuse de Latynina a par la suite produit des résultats remarquables, celle-ci ayant exercé les fonctions d'entraîneuse en chef de l'équipe féminine soviétique de gymnastique de 1966 à 1977.

Les Jeux olympiques de Munich 1972 ont donné lieu à l'une des prestations gymnasticales les plus marquantes de toute une époque. La gymnaste soviétique Olga Korbut (née en 1955), évoluant au sein de l'équipe féminine soviétique, a réalisé des performances extraordinaires aux barres asymétriques et à la poutre. Le Flip Korbut (le salto arrière aux barres asymétriques, premier grand salto arrière exécuté aux barres en gymnastique internationale), les prestations empreintes d'émotion de Korbut qui lui ont valu une large couverture télévisée aux États-Unis, ainsi que ses trois médailles d'or olympiques (concours par équipes, poutre, sol) ont suscité un engouement extraordinaire pour la gymnastique tant aux États-Unis qu'à l'échelle internationale.

La suite de la carrière de Korbut a continué de produire des résultats remarquables. Les Championnats du monde FIG de Varna 1974, la Coupe du monde de Skien 1975 et diverses compétitions internationales ultérieures ont prolongé la carrière de Korbut. Sa médaille d'or par équipes aux Jeux olympiques de Montréal 1976 a renforcé la domination de la gymnastique féminine soviétique. Son émigration ultérieure aux États-Unis en 1991 et les révélations qui ont suivi concernant les abus subis à l'époque soviétique ont suscité une attention considérable.

La tradition de la gymnastique masculine soviétique a également produit des résultats extraordinaires au fil des décennies suivantes. L'équipe masculine soviétique a remporté la médaille d'or par équipes aux Jeux olympiques de Helsinki 1952, de Melbourne 1956, de Moscou 1980 et de Séoul 1988. Des gymnastes soviétiques tels que Boris Chakhline (4 médailles d'or à Rome 1960), Nikolaï Andrianov (7 médailles d'or lors des Jeux olympiques de 1972, 1976 et 1980), Alexander Dityatin (3 médailles d'or à Moscou 1980), Vitaly Scherbo (6 médailles d'or à Barcelone 1992, soit le plus grand nombre de médailles d'or remportées lors d'une même édition des Jeux olympiques par un gymnastes de quelque époque que ce soit), ainsi que divers autres athlètes, ont établi la domination de la gymnastique soviétique puis de la CEI.

Nadia Comaneci et l'ère roumaine

Nadia Comaneci, la gymnaste roumaine (née en 1961), a réalisé l'une des performances gymniques individuelles les plus extraordinaires de toutes les époques lors des Jeux olympiques de Montréal 1976. Comaneci, âgée de 14 ans, a obtenu le premier 10 parfait de l'histoire de la gymnastique olympique aux barres asymétriques lors de la compétition par équipes le 18 juillet 1976. L'ensemble des 10 parfaits que Comaneci a obtenus par la suite au cours des Jeux olympiques de Montréal 1976 (sept 10 parfaits au total) a suscité une attention internationale extraordinaire pour la gymnastique.

Le tableau d'affichage des Jeux olympiques de Montréal 1976, qui avait été conçu avec un score maximal affiché de 9,99 (les concepteurs ayant jugé impossible qu'un score de 10 parfait soit atteint), affichait les 10 parfaits de Comaneci sous la forme « 1,00 ». Les modifications apportées par la suite aux tableaux d'affichage de divers sites olympiques et de Championnats du monde ont répondu à l'impact de Comaneci. Les trois médailles d'or remportées par Comaneci à Montréal 1976 (concours général, poutre, barres asymétriques), une médaille d'argent (par équipes) et une médaille de bronze (sol) ont établi les fondements de l'ère roumaine de la gymnastique.

Les résultats de Comaneci aux Jeux olympiques de Moscou 1980 comprenaient deux médailles d'or (poutre, sol), deux médailles d'argent (concours général, par équipes), aucune médaille de bronze, ainsi que diverses autres performances en compétition. La retraite de Comaneci après la tournée de 1981 au Madison Square Garden de New York et son émigration de Roumanie en 1989 ont suscité une attention considérable par la suite. Son mariage avec le gymnaste américain Bart Conner en 1996 et ses activités philanthropiques se sont poursuivis au cours des décennies suivantes.

Bela Karolyi, l'entraîneur de gymnastique roumano-américain (1942-2024), a mené l'une des carrières d'entraîneur les plus extraordinaires dans quelque discipline gymnique que ce soit. Karolyi a exercé les fonctions d'entraîneur de l'équipe nationale féminine de gymnastique de Roumanie durant l'ère Comaneci, avant d'obtenir par la suite des résultats exceptionnels à la tête de plusieurs programmes nationaux de gymnastique. La défection de Karolyi aux États-Unis en 1981, lors d'une tournée de la gymnastique roumaine, et la création qui s'ensuivit du centre d'entraînement Karolyi Ranch à New Waverly, au Texas, ont fait de ce lieu l'un des principaux centres d'entraînement gymnique des années 1980 et 1990.

La carrière d'entraîneur de Karolyi aux États-Unis a produit des résultats extraordinaires. La médaille d'or au concours général de Mary Lou Retton aux Jeux olympiques de Los Angeles 1984 (avec Karolyi comme entraîneur personnel), les diverses médailles olympiques remportées par des gymnastes américaines au cours des années 1980 et 1990, l'entraînement de Kim Zmeskal incluant la médaille d'or au concours général des Championnats du monde 1991, et l'entraînement de Kerri Strug incluant le moment de la médaille d'or par équipes aux Jeux olympiques d'Atlanta 1996 ont établi l'héritage de Karolyi en tant qu'entraîneur.

La tradition de la gymnastique féminine roumaine s'est prolongée au cours des décennies suivantes malgré la défection de Karolyi. La médaille d'or par équipes féminines de la Roumanie aux Jeux olympiques de Los Angeles 1984 (remportée par Ecaterina Szabo, Simona Pauca, Lavinia Agache et d'autres, l'Union soviétique boycottant les Jeux olympiques), la médaille d'argent par équipes féminines de la Roumanie aux Jeux olympiques d'Atlanta 1996 sous la direction de l'entraîneur Octavian Belu, la médaille d'or par équipes féminines de la Roumanie aux Jeux olympiques de Sydney 2000 sous la direction de Belu, la médaille d'or par équipes féminines de la Roumanie aux Jeux olympiques d'Athènes 2004, et les divers résultats obtenus par la suite ont perpétué la tradition roumaine de la gymnastique. La médaille de bronze par équipes féminines de la Roumanie aux Jeux olympiques de Pékin 2008 a été la dernière médaille olympique par équipes féminines remportée par la Roumanie lors des Jeux olympiques suivants.

Mary Lou Retton et l'essor américain

Mary Lou Retton, la gymnaste américaine (née en 1968), a réalisé l'une des performances individuelles les plus marquantes de l'histoire de la gymnastique olympique lors des Jeux olympiques de Los Angeles en 1984. Retton, âgée de 16 ans, a remporté la médaille d'or au concours général avec un 10 parfait au saut lors de la dernière rotation de la compétition, devançant la gymnaste roumaine Ecaterina Szabo pour la médaille d'or. La performance globale et exceptionnelle de Retton en 1984, survenue dans le contexte du boycott des Jeux olympiques de Los Angeles par l'Union soviétique et l'ensemble du bloc est-européen, constitua la première médaille d'or américaine au concours général individuel féminin dans l'histoire des Jeux olympiques.

Les résultats olympiques de Retton en 1984 comprenaient une médaille d'or (concours général), deux médailles d'argent (par équipes, saut), deux médailles de bronze (barres asymétriques, sol), ainsi qu'un retentissement culturel considérable. Les nombreux contrats publicitaires qui suivirent — notamment la boîte de céréales Wheaties (elle fut la première athlète féminine américaine à figurer sur la boîte de céréales Wheaties) —, ses diverses autres campagnes promotionnelles et sa présence médiatique soutenue firent d'elle l'une des sportives américaines les plus en vue des années 1980.

Les Jeux olympiques de Séoul en 1988 marquèrent une étape supplémentaire remarquable dans le développement de la gymnastique américaine. La médaille de bronze remportée par l'équipe américaine féminine à Séoul sous la direction de l'entraîneur Don Peters, les performances de Phoebe Mills, Brandy Johnson, Kelly Garrison-Steves et Chelle Stack, ainsi que la médaille de bronze de Phoebe Mills à la poutre, prolongèrent l'essor de la gymnastique féminine américaine. La médaille d'argent par équipes remportée par les Américaines aux Championnats du monde FIG de 1991 à Indianapolis, toujours sous la conduite de Don Peters, confirma cette progression.

L'ère Kim Zmeskal sous la direction de Béla Károlyi produisit des résultats exceptionnels. La médaille d'or au concours général de Zmeskal aux Championnats du monde 1991 à Indianapolis (première médaille d'or américaine au concours général des Championnats du monde), la médaille de bronze de l'équipe américaine féminine aux Jeux olympiques de Barcelone en 1992, et la suite de la carrière de Zmeskal consacrèrent la domination de Károlyi en tant qu'entraîneur aux États-Unis. La médaille d'or olympique féminine aux Jeux de Barcelone en 1992 fut remportée par l'Équipe unifiée (composée d'athlètes issues de l'ex-Union soviétique), tandis que la médaille d'or par équipes aux Jeux olympiques d'Atlanta en 1996 constitua la toute première médaille d'or olympique par équipes pour les femmes américaines.

Les Jeux olympiques d'Atlanta en 1996 et les « Magnificent Seven » de l'équipe américaine féminine produisirent l'une des performances collectives les plus marquantes dans quelque discipline olympique que ce soit. L'équipe des Magnificent Seven était composée d'Amanda Borden, Amy Chow, Dominique Dawes, Shannon Miller, Dominique Moceanu, Jaycie Phelps et Kerri Strug. Le moment du saut de Kerri Strug — qui réalisa son second saut malgré une cheville blessée lors de la finale par équipes, assurant ainsi la médaille d'or à l'équipe américaine — est devenu l'un des instants les plus emblématiques de l'histoire de la gymnastique américaine. Les différentes membres des Magnificent Seven connurent par la suite des carrières remarquables.

La carrière individuelle de Shannon Miller fut jalonnée de résultats exceptionnels. Ses deux médailles d'argent aux Jeux olympiques de Barcelone en 1992 (concours général, poutre) et ses trois médailles de bronze (par équipes, saut, barres asymétriques), ses titres de championne du monde FIG en 1993, 1994 et 1996, sa médaille d'or par équipes et sa médaille d'or à la poutre aux Jeux olympiques d'Atlanta en 1996, ainsi que la suite de sa carrière, la consacrèrent comme l'une des principales gymnastes américaines de son époque. Ses sept médailles olympiques demeurèrent le record de tout gymnaste américain jusqu'à ce que Simone Biles le dépasse.

Ascension chinoise et gymnastique asiatique

La tradition gymnique chinoise a produit des résultats extraordinaires au fil des décennies. L'équipe masculine chinoise de gymnastique a remporté la médaille d'or par équipes aux Jeux olympiques de Sydney 2000, de Pékin 2008 et de Londres 2012, les différents gymnastes chinois, parmi lesquels Li Xiaoshuang (médaille d'or au concours général aux Jeux d'Atlanta 1996), Li Donghua (médaille d'or aux anneaux de pommel aux Jeux d'Atlanta 1996, représentant la Suisse après sa défection), Yang Wei (médaille d'or au concours général aux Jeux de Pékin 2008), Zhang Chenglong (médaille d'or par équipes aux Jeux de Londres 2012), et bien d'autres encore, ayant établi la domination plus large de la gymnastique masculine chinoise.

La tradition gymnique féminine chinoise a également produit des résultats extraordinaires. La médaille d'or par équipes remportée par l'équipe féminine chinoise aux Jeux olympiques de Pékin 2008 (obtenue par Cheng Fei, Deng Linlin, He Kexin, Jiang Yuyuan, Li Shanshan et Yang Yilin, bien que les âges de He Kexin et de Yang Yilin en 2008 aient été ultérieurement contestés dans le cadre d'une enquête de la FIG) a suscité une attention considérable par la suite. L'équipe féminine chinoise de gymnastique a continué à figurer parmi les principaux programmes de gymnastique féminine lors des Jeux olympiques suivants.

Les gymnastes chinoises, parmi lesquelles Cheng Fei (médaille de bronze à la poutre aux Jeux olympiques d'Athènes 2004, ainsi que médailles d'or aux Championnats du monde FIG de 2006, 2007 et 2008), He Kexin (médaille d'or aux barres asymétriques aux Jeux olympiques de Pékin 2008), Sui Lu (médaille d'or à la poutre aux Championnats du monde de Rotterdam 2010), et bien d'autres encore, ont établi la tradition plus large de la gymnastique féminine chinoise. Les performances chinoises en gymnastique lors des Jeux olympiques de Paris 2024 ont suscité une attention récente plus large.

La tradition plus large de la gymnastique masculine japonaise a produit des résultats extraordinaires au fil des décennies. L'équipe masculine japonaise de gymnastique a remporté la médaille d'or par équipes aux Jeux olympiques de Rome 1960, de Tokyo 1964, de Mexico 1968, de Munich 1972 et de Montréal 1976 (cinq médailles d'or olympiques par équipes consécutives sur une période de 16 ans). Les gymnastes japonais, parmi lesquels Sawao Kato (8 médailles d'or réparties entre les Jeux de Mexico 1968, de Munich 1972 et de Montréal 1976), Akinori Nakayama (6 médailles d'or réparties entre les Jeux de Mexico 1968 et de Munich 1972), Mitsuo Tsukahara (5 médailles d'or réparties entre les Jeux de Mexico 1968, de Munich 1972 et de Montréal 1976), Kohei Uchimura (médailles d'or au concours général aux Jeux olympiques de Londres 2012 et de Rio 2016, ainsi que sept médailles d'or au concours général des Championnats du monde FIG entre 2009 et 2015), et bien d'autres encore, ont établi la domination plus large de la gymnastique masculine japonaise.

Kohei Uchimura, gymnaste japonais (né en 1989), a accompli l'une des carrières individuelles les plus extraordinaires en gymnastique masculine de toute époque. Uchimura a remporté sept titres consécutifs de champion du monde FIG au concours général entre 2009 et 2015 (un record inégalé à ce jour), ainsi que deux médailles d'or olympiques au concours général aux Jeux de Londres 2012 et de Rio 2016. Le palmarès plus large d'Uchimura, comprenant 19 médailles aux Championnats du monde (10 en or, 6 en argent, 3 en bronze) ainsi que 7 médailles olympiques (3 en or, 4 en argent), fait de lui l'un des gymnastes les plus titrés de toute époque.

Les performances de la gymnastiquemasculine japonaise aux Jeux olympiques de Tokyo 2020 ont maintenu une attention soutenue pour la gymnastique japonaise. Daiki Hashimoto (médaille d'or au concours général aux Jeux olympiques de Tokyo 2020 et médailles d'or ultérieures aux Championnats du monde FIG), le développement ultérieur plus large de la gymnastique japonaise, et la tradition gymnique japonaise dans sa continuité se sont perpétués au fil des décennies suivantes. L'équipe masculine japonaise de gymnastique aux Jeux olympiques de Paris 2024 a remporté la médaille d'or par équipes, prolongeant ainsi la tradition plus large de la gymnastique masculine japonaise.

Larry Nassar et la prise de conscience face aux abus

L'affaire d'abus sexuels Larry Nassar, l'affaire d'abus la plus marquante de l'histoire de la gymnastique américaine, a transformé le paysage de la gouvernance de la gymnastique aux États-Unis et à l'échelle internationale. Nassar, ancien médecin de l'équipe nationale américaine de USA Gymnastics et ancien médecin de l'Université d'État du Michigan, a été inculpé en 2016 pour abus sexuels sur des centaines d'athlètes féminines sur plusieurs décennies, sous couvert de traitements médicaux. La condamnation de Nassar en novembre 2017, suivie de la prononciation des peines en janvier et février 2018 — plusieurs peines fédérales et étatiques consécutives totalisant entre 40 et 175 ans de prison fédérale —, constitue l'une des affaires d'intégrité sportive américaine les plus marquantes de ces dernières années.

L'affaire d'abus Nassar a impliqué de nombreuses gymnastes américaines, notamment Simone Biles, Aly Raisman, McKayla Maroney, Gabby Douglas, Maggie Nichols, Jordyn Wieber, et bien d'autres. Les déclarations d'impact sur les victimes lors de l'audience de prononciation des peines de janvier 2018 ont suscité une attention extraordinaire dans le monde de la gymnastique américaine et internationale. Sarah Klein, Larissa Boyce et de nombreuses autres victimes de longue date de Nassar ont témoigné lors de cette audience.

La réponse de USA Gymnastics sur le plan de la gouvernance à la suite de l'affaire Nassar a notamment compris la démission du directeur général Steve Penny en novembre 2017, la nomination successive de plusieurs directeurs généraux par intérim dans le cadre d'une restructuration de la gouvernance, la démission de plusieurs membres du conseil d'administration de USA Gymnastics en février 2018, ainsi que la nomination ultérieure de Li Li Leung au poste de directrice générale de USA Gymnastics en 2019. L'enquête menée par le Comité olympique et paralympique des États-Unis (USOPC), le dépôt de bilan de l'USAG en décembre 2018 et la restructuration de la gouvernance de l'USAG au cours des années suivantes ont engendré des défis persistants en matière de gouvernance.

La réponse de l'Université d'État du Michigan sur le plan de la gouvernance à la suite de l'affaire Nassar a notamment compris la démission de la présidente Lou Anna Simon en janvier 2018, le règlement à hauteur de 500 millions de dollars conclu en mai 2018 entre l'Université d'État du Michigan et les plaignants victimes de Nassar, ainsi que les réformes de gouvernance ultérieures de l'université. Le règlement de 380 millions de dollars conclu en décembre 2021 entre USA Gymnastics, l'USOPC et les plaignants victimes de Nassar a mis fin au principal contentieux civil. Le programme USAG Athlete Wellness Program et divers autres programmes de soutien aux survivantes se sont poursuivis au fil des années.

Le Centre américain pour SafeSport, établi en 2017 en tant qu'organisation indépendante principale chargée de la protection des athlètes olympiques et paralympiques américains, a poursuivi ses activités au cours des années suivantes. La mise en œuvre des diverses politiques Safe Sport au sein de USA Gymnastics, de l'USOPC et des autres disciplines olympiques américaines s'est poursuivie au fil des années.

La réponse de la FIG à l'affaire Nassar et aux diverses autres affaires d'abus dans la gymnastique internationale a notamment compris l'engagement continu de la Commission des athlètes de la FIG, le maintien du poste de responsable de la protection au sein de la FIG, ainsi que divers autres développements en matière de politique de protection. La mise en œuvre des politiques de protection par les différentes fédérations nationales s'est poursuivie au fil des années. Le documentaire Athlete A, sorti en 2020 et consacré à l'affaire Nassar, ainsi que les diverses enquêtes sur la gouvernance de la gymnastique menées en 2024 continuent de susciter une attention soutenue.

L'ère Simone Biles

Simone Biles, la gymnaste américaine (née en 1997), a produit l'une des carrières individuelles les plus extraordinaires dans quelque discipline sportive que ce soit. Biles est largement considérée comme la plus grande gymnaste de tous les temps, avec ses 30 médailles record aux Championnats du monde FIG (23 en or), ses 11 médailles olympiques (7 en or), et ses quatre éléments nommés en son honneur dans le code de la gymnastique féminine (le Biles I et le Biles II au sol, le Biles I au saut de cheval, et le Biles I et le Biles II à la poutre), qui témoignent tous de son impact extraordinaire.

La médaille d'or au concours général des Championnats du monde FIG d'Anvers 2013, remportée par Biles à l'âge de 16 ans, a été suivie des titres au concours général des Championnats du monde de Nanning 2014, Glasgow 2015, Doha 2018, Stuttgart 2019 et Anvers 2023. Les quatre médailles d'or remportées par Biles aux Jeux olympiques de Rio 2016 (par équipes, concours général, saut de cheval, sol) et une médaille de bronze (poutre) ont établi la domination olympique de Biles. La domination de Biles aux épreuves FIG en 2018-2019 a produit des résultats extraordinaires.

Le retrait de Biles aux Jeux olympiques de Tokyo 2020 a suscité une attention considérable par la suite. Biles s'est retirée de plusieurs épreuves aux Jeux olympiques de Tokyo 2020 en raison du phénomène des « twisties » (un phénomène propre à la gymnastique consistant en une perte de conscience spatiale dans les airs), ne participant qu'à la compétition par équipes (remportant l'argent) et à la finale à la poutre (remportant le bronze). Le retrait de Biles à Tokyo 2020 a attiré une attention considérable sur la santé mentale dans l'athlétisme de haut niveau.

Le retour à la compétition de Biles en 2022-2024 a produit des résultats extraordinaires. Les quatre médailles d'or de Biles aux Championnats du monde d'Anvers 2023 (par équipes, concours général, poutre, sol) ont prolongé la domination de Biles. Les trois médailles d'or de Biles aux Jeux olympiques de Paris 2024 (par équipes, concours général, saut de cheval) et une médaille d'argent (sol) l'ont établie comme la gymnaste américaine la plus décorée de toutes les époques, avec 11 médailles olympiques au total.

Les quatre éléments nommés en l'honneur de Biles comprennent le Biles I au sol (le double salto carpé tendu avec demi-vrille de sortie, exécuté pour la première fois aux Championnats du monde d'Anvers 2013, Biles étant la première femme à réaliser cet élément en compétition), le Biles II au sol (le double salto groupé avec triple vrille, exécuté pour la première fois aux Championnats du monde de Stuttgart 2019), le Biles I au saut de cheval (le Yurchenko double piqué, exécuté pour la première fois au U.S. Classic 2021, Biles étant la première femme à réaliser cet élément en compétition), et le Biles I et le Biles II à la poutre (exécutés pour la première fois aux Championnats du monde de Stuttgart 2019).

La notoriété culturelle de Biles a continué de s'affirmer au fil des années. La série Netflix Simone Biles: Rising en 2024, l'engagement continu de Biles en faveur de la santé mentale et du bien-être des athlètes, la divulgation par Biles en 2017 de sa propre expérience d'abus en tant que survivante des agissements de Nassar, et la présence olympique continue de Biles ont tous contribué à étendre son rayonnement culturel. Son mariage avec Jonathan Owens, safety des Houston Texans en NFL (mariés en avril 2023), s'est poursuivi au fil des années.

L'équipe américaine féminine de gymnastique a produit des résultats extraordinaires lors des Jeux olympiques successifs. La médaille d'or par équipes aux Jeux olympiques de Londres 2012 (remportée par Gabby Douglas, McKayla Maroney, Aly Raisman, Kyla Ross et Jordyn Wieber), la médaille d'or par équipes aux Jeux olympiques de Rio 2016 (remportée par Biles, Douglas, Hernandez, Kocian et Raisman), la médaille d'argent par équipes aux Jeux olympiques de Tokyo 2020, la médaille d'or par équipes aux Jeux olympiques de Paris 2024, ainsi que divers résultats ultérieurs ont prolongé la grande tradition de la gymnastique féminine américaine. L'équipe de Paris 2024 était composée de Biles, Carey, Chiles, Lee et Rivera, sous l'attention considérable du public américain pour la gymnastique.

Gymnastique rythmique, trampoline et autres disciplines

La gymnastique rythmique en tant que discipline compétitive distincte a émergé au milieu du vingtième siècle à partir des traditions hongroises, soviétiques et est-européennes de la gymnastique rythmique au sens large. Le premier congrès de la FIG consacré à la gymnastique rythmique, tenu à Tokyo en 1962, les premiers Championnats du monde de gymnastique rythmique organisés à Budapest en 1963, et l'introduction de la gymnastique rythmique au programme olympique lors des Jeux olympiques de Los Angeles en 1984 ont établi la discipline dans son ensemble. La discipline met en jeu cinq agrès (corde, cerceau, ballon, massues et ruban) pour les épreuves individuelles comme pour les épreuves par équipes.

La domination soviétique, russe et plus largement est-européenne en gymnastique rythmique a produit des résultats extraordinaires au fil des décennies suivantes. La tradition bulgare de la gymnastique rythmique au cours des années 1970 et 1980, la domination soviétique et russe de 1980 à 2020, ainsi que les divers autres programmes est-européens de gymnastique rythmique ont engendré les principaux résultats de la discipline. La médaille d'or olympique de gymnastique rythmique aux Jeux de Los Angeles en 1984 a été remportée par Lori Fung du Canada (l'Union soviétique et le bloc est-européen au sens large boycottant les Jeux), et les médailles d'or des Jeux olympiques suivants ont été remportées par diverses gymnastes soviétiques, russes, bulgares, biélorusses, israéliennes et autres.

L'invasion russe de l'Ukraine en 2022 et les sanctions internationales qui en ont découlé dans le domaine de la gymnastique rythmique ont considérablement perturbé la tradition russe de cette discipline. Les épreuves de gymnastique rythmique des Jeux olympiques de Paris en 2024 ont exclu les gymnastes russes et biélorusses, et plusieurs gymnastes rythmiques russes ont par la suite cherché à concourir sous l'égide d'autres fédérations dans le cadre des règles d'éligibilité de la FIG.

Le trampoline en tant que discipline compétitive a été développé au cours des années 1930 et 1940 aux États-Unis par George Nissen, qui a déposé le brevet du premier trampoline commercial en 1942. La création, en 1948, de la première National Trampoline and Rebound Tumbling Federation aux États-Unis et le développement international qui s'en est suivi ont conduit à l'intégration du trampoline au sein de la FIG dans les années 1990. L'introduction du trampoline au programme olympique lors des Jeux olympiques de Sydney en 2000 a donné naissance à la tradition olympique du trampoline. La tradition chinoise du trampoline, portée par divers entraîneurs nationaux, a produit des résultats extraordinaires lors des Jeux olympiques suivants.

La gymnastique acrobatique en tant que discipline compétitive de la FIG met en scène des paires et des groupes de gymnastes exécutant des éléments d'équilibre et des éléments dynamiques. La domination soviétique, russe et plus largement est-européenne en gymnastique acrobatique s'est poursuivie au cours des décennies suivantes. La discipline de la gymnastique aérobique (combinant des éléments gymniques traditionnels avec des schémas d'exercices aérobiques) est une discipline de la FIG depuis 1995 et a produit ses principaux résultats en Chine, en Roumanie et dans diverses autres fédérations.

Le parkour en tant que discipline de la FIG a été intégré en 2017 à l'issue de discussions au sein de la gouvernance de la FIG. Le développement continu de la discipline parkour à travers la première saison de la Coupe du monde FIG de parkour en 2018 et l'évolution ultérieure de la discipline au sein de la FIG se sont poursuivis au fil des années suivantes. Les discussions plus larges autour des Jeux olympiques de Paris en 2024 concernant une éventuelle inclusion du parkour n'ont pas abouti à son ajout au programme olympique.

Les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028 continueront de mettre en avant les principales disciplines gymniques, notamment la gymnastique artistique, la gymnastique rythmique et le trampoline. Les discussions en cours au sein de la FIG sur la structure du programme olympique de gymnastique, l'implication continue des diverses fédérations nationales et les parcours des différents gymnastes continueront de façonner la tradition olympique de la gymnastique lors des Jeux olympiques à venir.

L'avenir de la gymnastique, conclusion et sources

L'avenir de la gymnastique est confronté à une série de questions importantes au cours de la troisième décennie du vingt et unième siècle. L'évolution continue du Code de pointage de la FIG (le système de notation applicable à l'ensemble des disciplines gymniques), le développement continu des diverses fédérations nationales, la mise en œuvre continue des diverses politiques de protection et de sauvegarde des athlètes, la croissance continue de la gymnastique féminine, ainsi que la mondialisation continue du vivier de talents gymniques contribueront tous à façonner le paysage général de la gymnastique.

L'évolution continue du Code de pointage de la FIG a constitué l'un des principaux développements gymniques continus. La suppression, en 2006, du score maximum de 10 parfait et l'adoption d'un système de notation à échelle ouverte, les révisions successives du Code de pointage (selon les cycles 2009-2012, 2013-2016, 2017-2020 et 2021-2024), ainsi que le développement continu des comités techniques de la FIG se sont poursuivis au fil des décennies. Les débats persistants autour du Code de pointage, portant sur la valeur de difficulté, la notation de l'exécution et l'importance accordée à la composante artistique, se sont prolongés au fil des années.

Le développement continu des diverses fédérations nationales a constitué l'un des principaux développements gymniques continus. Les travaux menés sans relâche par les fédérations américaine, russe, chinoise, japonaise, roumaine, italienne, française, allemande, britannique, brésilienne et par de nombreuses autres fédérations nationales se sont poursuivis au fil des décennies. Les tournois de qualification olympique, les championnats continentaux et les championnats nationaux ont continué de se tenir de manière régulière au cours des décennies suivantes.

La mise en œuvre continue des diverses politiques de protection et de sauvegarde des athlètes a constitué l'un des principaux développements gymniques continus. Les programmes de sauvegarde des diverses fédérations nationales, le rôle de responsable de la sauvegarde de la FIG, les diverses initiatives de sauvegarde à l'échelle du sport dans son ensemble, ainsi que les programmes de soutien aux survivants ont tous connu des développements continus au fil des années. Les évolutions culturelles profondes dans le domaine de l'entraînement gymnique de haut niveau, de l'intensité des séances d'entraînement et des attentes compétitives générales se sont également poursuivies au cours des années suivantes.

La croissance continue de la gymnastique féminine a constitué l'un des principaux développements récents. Le développement de la gymnastique féminine au sein des diverses fédérations nationales, la progression de la visibilité commerciale et médiatique de la gymnastique féminine, ainsi que l'impact culturel plus large des gymnètes féminines individuelles se sont poursuivis au fil des décennies.

Des personnalités gymniques individuelles continueront de façonner la grande tradition gymnique. Les carrières de Simone Biles, Sunisa Lee (médaillée d'or au concours général individuel féminin aux Jeux olympiques de Tokyo 2020), Jordan Chiles, Rebeca Andrade (la gymnaste brésilienne qui a remporté la médaille d'or au concours général des Championnats du monde de Liverpool 2022 ainsi que la médaille d'or au sol aux Jeux olympiques de Paris 2024), Angelina Melnikova (la gymnaste russe qui a remporté la médaille d'or au concours général des Championnats du monde de Kitakyushu 2021), Daiki Hashimoto, Zou Jingyuan (le gymnaste chinois qui a remporté plusieurs médailles d'or aux barres parallèles lors des Championnats du monde de la FIG), et de bien d'autres encore, continueront de marquer l'héritage gymnique.

La gymnastique continuera d'évoluer. L'évolution continue du Code de pointage, le développement continu des diverses fédérations nationales, les initiatives continues en faveur du bien-être des athlètes, la croissance continue de la gymnastique féminine, la mondialisation continue, ainsi que diverses autres transformations continueront toutes de façonner le paysage général de la gymnastique au cours des décennies à venir. Pourtant, le principe fondamental de la gymnastique — cette activité humaine fondamentale de performance physique entraînée qui sous-tend la grande tradition athlétique depuis le gymnasion de la Grèce antique — a façonné la culture athlétique humaine depuis plus de 2 500 ans et ne montre aucun signe d'essoufflement.

Parmi les sources figurent : Roberta J. Park, From La Borde to Lille: Selected Studies in the History of Sport (Frank Cass, 1992) ; Reet Howell et Maxwell Howell, A History of Sport: The Worlds of Gymnastics (Harlan Davidson, 1987) ; Hardy A. Fink, Gymnastics in the Olympic Movement (Pelham Books, 1992) ; Joan Ryan, Little Girls in Pretty Boxes: The Making and Breaking of Elite Gymnasts and Figure Skaters (Doubleday, 1995) ; Dvora Meyers, The End of the Perfect 10: The Making and Breaking of Gymnastics' Top Score from Nadia to Now (Touchstone, 2016) ; Will Schiermer, Gymnastics: A Pictorial History (Macmillan, 1981) ; Abigail Pesta, The Girls: An All-American Town, a Predatory Doctor, and the Untold Story of the Gymnasts Who Brought Him Down (Seal Press, 2019) ; couverture de BBC Sport, bbc.co.uk/sport (archives et résultats) ; archives de la FIG, gymnastics.sport (résultats et records) ; archives de USA Gymnastics, usagym.org (archives et résultats).