Skip to main content
CountryReports

Le Phare d'Alexandrie : Flambeau du Monde Antique

Vitesse

Terme de recherche : ancienne Alexandrie phare Pharos quelle hauteur sept merveilles architecture

Le Phare d'Alexandrie et son importance historique

Le Phare d'Alexandrie, connu dans l'Antiquité sous le nom de Pharos, est l'une des réalisations architecturales les plus remarquables du monde antique et un témoignage de la puissance d'ingénierie de la civilisation hellénistique. Construit sur l'île de Pharos, au large des côtes d'Alexandrie, en Égypte, cette structure monumentale ne servait pas uniquement d'aide pratique à la navigation maritime, mais aussi de symbole de l'ambition et de l'ingéniosité humaines qui allaient inspirer la construction de phares pendant des millénaires. Le Pharos était l'une des Sept Merveilles du monde antique, une désignation qui témoigne de son importance extraordinaire et de son impact sur les civilisations de l'Antiquité. Son influence dépassait largement sa fonction pratique de balise ; il est devenu un archétype qui allait définir la conception des phares tout au long de l'histoire, et le mot « pharos » lui-même a été adopté dans les langues romanes — le français, l'italien, l'espagnol, le portugais et le roumain — comme terme désignant le phare.

Figure 1 : Reconstitution artistique montrant la structure à trois niveaux du phare Pharos

Construction et mise en service

La construction du Phare d'Alexandrie fut un projet d'une envergure considérable qui débuta vers 280 avant notre ère et fut achevé environ trente-trois ans plus tard, vers 247 avant notre ère. Le monument fut commandé par Ptolémée Ier Sôter, le fondateur de la dynastie ptolémaïque et l'un des généraux les plus capables d'Alexandre le Grand, qui avait établi l'Égypte comme grande puissance hellénistique après la fragmentation de l'empire d'Alexandre. Cependant, l'achèvement de cette merveille architecturale eut lieu sous le règne de Ptolémée II Philadelphe, son successeur, qui hérita à la fois du projet et de la vision de créer une structure digne de la renommée croissante d'Alexandrie comme centre du commerce méditerranéen et du savoir.

La conception du Pharos fut confiée à Sostratos de Cnide, un architecte grec d'un talent extraordinaire dont le nom allait être intrinsèquement lié à cette merveille, malgré les tentatives délibérées d'effacer sa mémoire. Sostratos nourrissait l'ambition de faire en sorte que son nom soit rappelé à la postérité, et il grava donc son propre nom sur les pierres de fondation de la base du phare. Conscient qu'un tel acte d'orgueil individuel pourrait offenser le Ptolémée régnant, l'inscription de Sostratos fut délibérément recouverte d'une épaisse couche de plâtre portant à la place le nom de Ptolémée. Le pari de l'architecte porta ses fruits de façon inattendue : des siècles plus tard, tandis que le plâtre s'érodait sous l'effet des intempéries, le nom de Sostratos fut révélé à nouveau, préservé pour l'histoire, tandis que la dédicace superposée de Ptolémée sombrait peu à peu dans l'oubli. Cet acte d'ingéniosité représente un exemple remarquable d'un artisan de l'Antiquité assurant son héritage malgré les exigences du protocole royal.

Alexandria Egypt

Scènes de rue d'Alexandrie et paysage égyptien

Hauteur et dimensions structurelles

Le Pharos était l'une des structures les plus hautes jamais construites dans le monde antique, avec des estimations de sa hauteur allant de 100 à 140 mètres. Diverses sources antiques fournissent des données différentes quant à ses dimensions exactes, mais toutes s'accordent à dire qu'il s'agissait d'un édifice extraordinairement haut qui dominait le port et pouvait être aperçu depuis de grandes distances en mer. Pour replacer cela dans son contexte, le phare aurait été plus haut que la plupart des immeubles modernes de dix étages, le rendant visible non seulement depuis le port, mais aussi depuis le large en Méditerranée. Les sources antiques, notamment celles rédigées par des navigateurs et des géographes qui se fiaient à de telles observations, notaient systématiquement que la lumière du Pharos pouvait être vue à des distances d'environ cinquante kilomètres, un exploit étonnant réalisé grâce à l'utilisation ingénieuse de la technologie réfléchissante et à la simple élévation de la source lumineuse.

La hauteur du Pharos fut déterminante pour en faire la structure de phare la plus haute jusqu'à l'ère moderne, et cette élévation répondait à la fois à des objectifs pratiques et psychologiques. Pour les marchands et les marins qui approchaient du port d'Alexandrie, le phare ne représentait pas seulement la sécurité et le guidage, mais aussi la puissance et le raffinement de l'État ptolémaïque. Sa visibilité depuis de vastes distances le rendait indispensable à la navigation, notamment de nuit et par mauvais temps, lorsque les autres points de repère étaient obscurcis.

Conception architecturale et structure à trois niveaux

Le Pharos fut conçu avec une structure à trois niveaux distinctive qui établit le modèle de l'architecture des phares pour les siècles à venir. La base du monument était constituée d'une massive tour carrée, offrant la stabilité nécessaire pour supporter l'énorme poids de la structure et résister aux forces du vent et des vagues qui battaient l'île de Pharos. Cette fondation n'était pas purement fonctionnelle ; elle représentait la section la plus grande et la plus imposante de la structure, conférant au phare une silhouette distinctive que les marins en approche pouvaient reconnaître de loin.

Au-dessus de cette base carrée s'élevait la deuxième section de la structure, une tour octogonale de dimensions intermédiaires qui se rétrécissait à mesure qu'elle montait. Cette section médiane octogonale servait de transition entre la stabilité de la large base carrée et le sommet plus étroit du phare. L'utilisation d'une forme octogonale représentait un compromis entre la stabilité structurelle et la nécessité pour l'édifice de s'élever gracieusement vers le ciel. La conception octogonale permettait également à la structure de présenter huit faces à la mer environnante, offrant potentiellement quelques avantages en termes de visibilité depuis plusieurs directions.

Egyptian scene

Paysage côtier égyptien

Couronnant l'ensemble du monument se trouvait une tour circulaire de dimensions relativement modestes qui abritait la source lumineuse réelle et la machinerie nécessaire au fonctionnement de la balise. Au sommet de cette section supérieure se dressait une statue, que les sources antiques décrivent tantôt comme une représentation de Zeus, tantôt comme celle de Poséidon, le dieu de la mer. Cette statue servait à la fois d'emblème religieux et de repère visuel supplémentaire de la position du phare, s'élevant au-dessus du feu de la balise elle-même. La conception circulaire de la tour supérieure contrastait avec les sections octogonale et carrée en dessous, créant un profil distinctif qui rendait le phare immédiatement reconnaissable pour ceux qui le connaissaient.

Le système de miroirs révolutionnaire

L'un des aspects les plus ingénieux du Pharos était son utilisation de la technologie réfléchissante pour amplifier la lumière produite par le feu de la balise. Le phare utilisait des miroirs ou des réflecteurs en bronze poli, positionnés de manière à diriger la lumière du feu de la balise vers la mer. La qualité des miroirs en bronze dans l'Antiquité était assez élevée, et lorsqu'ils étaient suffisamment polis, ils pouvaient réfléchir une proportion étonnamment importante de la lumière qui les frappait. Bien que certaines sources antiques suggèrent que le Pharos utilisait une forme de miroir ardent ou de technologie de lentille, l'interprétation académique la plus largement admise est que le phare utilisait un système de miroirs réflecteurs positionnés à des angles soigneusement calculés pour diriger la lumière à travers le port et vers la mer.

L'efficacité de ce système de miroirs était manifestement remarquable, car les sources antiques attestent de façon constante que la lumière du Pharos pouvait être vue à des distances allant jusqu'à cinquante kilomètres. Cette distance aurait nécessité soit un feu exceptionnellement vif, soit un système réflecteur exceptionnellement efficace, et l'explication la plus probable est que les deux facteurs contribuaient à la portée impressionnante de la balise. Le feu lui-même aurait été alimenté par du bois ou peut-être du bitume, des matériaux facilement disponibles en Égypte ou aisément importés par le port animé d'Alexandrie. Les miroirs amplifiaient cette lumière et la dirigeaient de manière à maximiser sa visibilité pour les navires en approche.

Alexandrie : la grande cité

Pour bien comprendre l'importance du Pharos, il faut apprécier la ville d'Alexandrie elle-même, qui s'est imposée comme l'un des grands centres urbains du monde antique. Alexandrie fut fondée par Alexandre le Grand en 331 avant notre ère, lors de sa campagne de conquête en Égypte. Alexandre envisageait une ville qui servirait de grand port et de centre de la culture hellénistique, un lieu où les traditions grecques et égyptiennes pourraient se mêler pour créer quelque chose de nouveau. Bien qu'Alexandre lui-même ne vécût pas assez longtemps pour voir le plein développement d'Alexandrie, la ville devint la capitale de la dynastie ptolémaïque et évolua pour devenir l'une des cités les plus importantes du monde méditerranéen.

L'Alexandrie de l'époque ptolémaïque était une métropole cosmopolite qui attirait des savants, des marchands et des commerçants de tout le monde connu. La ville abritait la Grande Bibliothèque d'Alexandrie, l'un des dépôts de connaissances humaines les plus importants de l'Antiquité, qui renfermait des centaines de milliers de rouleaux de papyrus contenant la sagesse et la littérature des civilisations grecque, égyptienne, perse et autres. Adjacent à la bibliothèque se trouvait le Musée, un institut dédié à l'apprentissage et à la recherche qui servait de centre d'activité intellectuelle. La renommée de la ville comme centre du savoir hellénistique attira certains des plus grands esprits du monde antique. Euclide, le mathématicien dont la géométrie reste fondamentale en mathématiques aujourd'hui, enseigna à Alexandrie et produisit son œuvre monumentale, les Éléments, qui systématisa toutes les connaissances géométriques connues. Ératosthène, le polymathe et géographe, fut directeur de la Bibliothèque et calcula la circonférence de la Terre avec une précision remarquable. Archimède, l'inventeur et mathématicien sicilien, eut lui aussi des liens avec Alexandrie et le patronage de la dynastie ptolémaïque.

La population d'Alexandrie était remarquablement diverse et cosmopolite, reflétant les réseaux commerciaux qui reliaient les mondes méditerranéen et de l'océan Indien. Grecs, Égyptiens, Juifs et marchands venus de contrées lointaines se retrouvaient tous à Alexandrie, créant une société d'une richesse culturelle remarquable. Le port était en permanence une ruche d'activité, avec des navires marchands arrivant et partant quotidiennement, chargés de marchandises provenant de tout le monde connu. Les épices de l'Inde, le grain d'Égypte, le vin et l'huile de Grèce, ainsi que des produits de luxe venus de contrées lointaines, transitaient tous par le port d'Alexandrie. C'est dans ce contexte de commerce maritime animé et de sophistication cosmopolite que le Pharos remplissait son double rôle d'aide à la navigation pratique et de symbole de la prééminence d'Alexandrie.

Figure 3 : La Citadelle de Qaitbay, construite sur les ruines de l'ancien phare Pharos

L'île de Pharos et ses liens avec Homère

L'île de Pharos, sur laquelle fut construit le phare, avait une importance dans les traditions de la mythologie et de la littérature grecques bien avant de devenir le site de l'une des Sept Merveilles. Dans l'Odyssée d'Homère, l'antique poème épique qui constituait une pierre angulaire de l'identité culturelle grecque, Pharos est mentionnée comme une île en mer, près de l'Égypte. Lorsque Ulysse est retenu captif par Protée, le vieillard de la mer, il est maintenu sur l'île de Pharos. Cette association mythologique conféra à l'île une place dans la conscience culturelle du monde grec, et la décision ptolémaïque de construire le phare Pharos sur cette même île n'était pas dénuée de résonance symbolique. En construisant le Pharos sur une île déjà célèbre chez Homère, les Ptolémées reliaient leur réalisation aux grandes traditions de la littérature et de la mythologie grecques.

Le lien entre l'île physique et le récit d'Homère transforma Pharos d'un simple lieu géographique en un endroit chargé de signification culturelle. Pour les Grecs et les Romains cultivés qui rencontraient des références au phare, l'association avec l'Odyssée d'Homère aurait renforcé son prestige culturel. Le Pharos n'était pas simplement une structure pratique ; c'était un monument qui reliait le monde maritime de l'Antiquité au monde héroïque d'Homère.

Le Pharos comme modèle pour tous les phares ultérieurs

L'héritage le plus durable du Pharos fut peut-être son influence sur la conception des phares construits au cours des siècles suivants et jusqu'à l'ère moderne. La structure distinctive à trois niveaux du Pharos, avec sa base carrée, sa section médiane octogonale et son sommet circulaire, établit un modèle qui allait être reproduit dans les conceptions de phares de la Méditerranée à l'Atlantique. L'ingénieur romain Pline l'Ancien, écrivant au premier siècle de notre ère, exprima son admiration pour le Pharos et ses principes de conception. Les constructeurs de phares ultérieurs dans le monde islamique et dans l'Europe médiévale s'inspirèrent des récits du Pharos et tentèrent d'en reproduire les principes architecturaux.

Le témoignage le plus direct de l'influence du Pharos est d'ordre linguistique. Le mot même « pharos », à l'origine le nom de l'île égyptienne, devint le terme désignant le phare dans toute la famille des langues romanes. En français, un phare est un « phare », en italien un « faro », en espagnol un « faro », en portugais un « farol » et en roumain un « far ». Le mot arabe « manar » ou « manara », signifiant phare, pourrait également dériver de la même racine que le Pharos. Cet héritage linguistique révèle l'impact profond et durable du phare alexandrin sur les cultures maritimes de la Méditerranée et au-delà.

Les récits antiques et la documentation historique

Notre connaissance du Pharos provient de nombreuses sources antiques, dont beaucoup ont été compilées par des auteurs qui avaient soit voyagé à Alexandrie, soit eu recours aux témoignages de ceux qui l'avaient fait. Strabon, le géographe grec écrivant au premier siècle de notre ère, fournit des descriptions détaillées d'Alexandrie et fit des références au Pharos. Jules César lui-même visita Alexandrie et aurait pu observer le phare lors de sa célèbre rencontre avec Cléopâtre. Des voyageurs arabes de la période médiévale, dont Ibn Jubayr qui voyagea au douzième siècle, et Ibn Battuta, qui visita Alexandrie au quatorzième siècle, laissèrent des récits des ruines du Pharos, qui avait alors été partiellement détruit par des tremblements de terre et les ravages du temps.

Ces récits historiques, pris ensemble, offrent un tableau riche et détaillé du phare et de son importance. La cohérence des descriptions à travers les cultures et les siècles suggère que les témoins contemporains étaient impressionnés par l'échelle de la structure, son apparence distinctive et sa fonction pratique d'aide à la navigation. Le fait que les voyageurs arabes médiévaux aient pris le temps de décrire les ruines du Pharos indique que, même dans son déclin, le monument conservait suffisamment de grandeur et de présence pour retenir l'attention et susciter la description.

Mediterranean landscape

Paysage méditerranéen et du Proche-Orient

Les dommages causés par les séismes et la destruction progressive

Le Pharos, malgré sa construction monumentale, n'était pas à l'abri des forces sismiques qui secouent périodiquement la région méditerranéenne. À partir du huitième siècle de notre ère, une série de tremblements de terre commença à faire des ravages sur la structure. Un tremblement de terre en 796 de notre ère causa des dommages importants au phare. De nouveaux tremblements de terre en 951 et 956 de notre ère provoquèrent une détérioration supplémentaire. Au dixième siècle, le Pharos avait perdu une grande partie de sa hauteur et de ses fonctions d'origine, bien qu'il semble avoir continué à être utilisé dans une certaine mesure. Les dommages les plus catastrophiques furent causés par le grand tremblement de terre de 1303 de notre ère, qui provoqua une défaillance structurelle massive. Un dernier tremblement de terre dévastateur en 1323 de notre ère porta le coup fatal, le phare s'effondrant finalement en ruines.

La destruction progressive du Pharos au cours de cinq siècles représente une conclusion poignante à l'histoire de l'un des plus grands monuments de l'Antiquité. Contrairement à certaines merveilles du monde antique qui furent délibérément détruites, le Pharos succomba aux forces implacables de la nature. Les tremblements de terre qui le détruisirent étaient eux-mêmes des monuments aux vastes forces géologiques qui façonnent notre monde, nous rappelant que même les plus grandes réalisations de l'humanité sont en fin de compte soumises à des forces qui nous dépassent.

La Citadelle de Qaitbay et la récupération archéologique

À la fin du quinzième siècle, environ 150 ans après l'effondrement final du Pharos, le sultan mamelouk Qaitbay fit construire une citadelle sur le site de l'ancien phare. La Citadelle de Qaitbay, achevée en 1477, fut construite en partie avec des pierres récupérées dans les ruines du Pharos. Cette forteresse servait d'installation militaire destinée à protéger le port d'Alexandrie contre d'éventuels envahisseurs et pirates. De façon poignante, la Citadelle de Qaitbay représente à la fois une fin et une continuité — la fin du Pharos en tant que structure fonctionnelle, mais aussi la préservation de sa mémoire et de ses matériaux dans une nouvelle fortification qui continua à répondre aux besoins défensifs de la ville.

La construction de la citadelle sur les ruines du Pharos signifiait que des portions substantielles de l'ancien monument étaient enfouies ou incorporées dans la nouvelle structure. Cette situation persista pendant des siècles, le Pharos n'existant que dans les textes historiques et les restes fragmentaires jusqu'à ce que l'archéologie moderne commence à en révéler les secrets. Les preuves physiques qui demeuraient cachées sous des siècles de débris accumulés et de constructions ultérieures ne furent pas systématiquement étudiées avant le vingtième siècle.

Archéologie sous-marine et découvertes modernes

L'archéologie sous-marine moderne a révélé des preuves remarquables du Pharos et de sa construction. En 1994, l'archéologue français Jean-Yves Empereur dirigea une fouille sous-marine du port d'Alexandrie qui donna lieu à des découvertes extraordinaires. D'immenses blocs de pierre qui avaient autrefois formé une partie du phare Pharos furent récupérés au fond du port, ainsi que des sculptures qui avaient orné le monument. Parmi ces trouvailles se trouvaient des statues et des sphinx, des représentations sculptées en pierre qui s'étaient autrefois dressées en décoration sur le phare. Ces artefacts fournirent des preuves tangibles de la sophistication artistique et de la grandeur de la structure originale.

L'archéologie sous-marine a permis aux chercheurs de reconstituer des images plus détaillées de ce à quoi ressemblait réellement le Pharos et de la façon dont il avait été construit. Les éléments architecturaux récupérés ont été étudiés en détail, révélant des techniques de construction et des principes de conception. Certains de ces artefacts ont été préservés et exposés dans des musées et des sites archéologiques à Alexandrie, permettant aux visiteurs modernes de voir des vestiges physiques de l'un des monuments les plus célèbres de l'Antiquité. Les investigations sous-marines ont également permis de récupérer des céramiques, des ancres et d'autres artefacts qui témoignent de l'activité maritime autour du port et du rôle central du Pharos dans les opérations portuaires d'Alexandrie.

Figure 4 : Artefact sphinx récupéré au fond du port lors de fouilles archéologiques sous-marines

Alexandrie moderne et tourisme patrimonial

Alexandrie est aujourd'hui une ville méditerranéenne moderne qui demeure le principal port maritime d'Égypte et un centre de commerce et de tourisme. La ville a largement dépassé les limites de l'ancienne métropole hellénistique, mais conserve néanmoins d'importants vestiges de son passé antique. La Citadelle de Qaitbay se dresse sur le site de l'ancien Pharos et reste l'un des monuments les plus emblématiques d'Alexandrie, une forteresse qui attire des milliers de visiteurs chaque année. L'emplacement de la citadelle, directement sur le port, rappelle la prééminence du Pharos et son rôle dans les affaires maritimes de la ville.

Alexandrie est devenue une destination de plus en plus importante pour le tourisme patrimonial en Égypte et dans la région méditerranéenne. Les visiteurs viennent parcourir les rues où marchaient les Anciens, visiter la Citadelle de Qaitbay, voir le Musée national d'Alexandrie qui abrite des artefacts du glorieux passé de la ville, et explorer les sites archéologiques sous-marins qui continuent de révéler les secrets du monde antique. L'héritage du Pharos, bien que la structure physique ait depuis longtemps disparu, reste ancré dans l'identité de la ville et dans l'imaginaire historique de ceux qui la visitent.

L'histoire du Pharos est en fin de compte une histoire d'aspiration et de réalisation humaines, d'une société prête à consacrer d'énormes ressources à la création de quelque chose qui survivrait à ses créateurs et bénéficierait à d'innombrables générations. Bien que les tremblements de terre aient réduit la structure en décombres et que le passage des siècles ait éteint sa lumière, le Pharos d'Alexandrie demeure l'un des monuments les plus célébrés et les plus influents de l'histoire humaine. Son image orne des livres et des musées du monde entier, son nom perdure dans les langues des peuples romans, et ses principes architecturaux ont influencé la conception des phares pendant plus de deux mille ans. De cette façon, le Pharos atteint une forme d'immortalité, son esprit survivant longtemps après que ses pierres se sont effondrées dans la mer.

Sources

https://www.historicalsociety.org/alexandria-pharos-history https://www.worldhistory.org/Alexandria/ https://www.ancienthistory.org/pharos-lighthouse https://www.maritimearchaeology.org/pharos-discoveries https://www.countryreports.org