
Islam : Histoire, le Coran et les cinq piliers de la deuxième religion du monde
Histoire et croyances de l'islam expliquées avec les cinq piliers et le Coran
Le Prophète Muhammad et la naissance de l'islam
L'islam a vu le jour au VIIe siècle de notre ère avec la vie et le ministère du Prophète Muhammad. Né en 570 de notre ère à La Mecque, Muhammad fut élevé par son grand-père, puis par son oncle. Dans sa jeunesse, il travailla comme marchand et berger, acquérant une réputation d'honnêteté et de fiabilité. À l'âge de 40 ans, en l'an 610 de notre ère, Muhammad reçut sa première révélation alors qu'il méditait dans la grotte de Hira, située près de La Mecque. L'ange Gabriel lui apparut avec le commandement « Iqra ! » (Lis !), marquant le début d'une révélation qui se poursuivit pendant 23 ans jusqu'à la mort de Muhammad en 632 de notre ère.
Les premières années de la prédication de Muhammad à La Mecque se heurtèrent à une vive opposition. Les marchands polythéistes de La Mecque, qui tiraient profit des pèlerins venant vénérer les idoles à la Kaaba, considéraient son message monothéiste comme une menace directe pour leurs intérêts économiques. Muhammad et ses partisans furent persécutés, raillés et menacés. Certains furent torturés, d'autres assassinés. Malgré ces épreuves, le message de Muhammad attira des croyants de toutes conditions, notamment des marchands fortunés, des esclaves et des femmes. Chaque converti fut confronté au choix entre la loyauté familiale et la conviction spirituelle.
Parmi les premiers fidèles et les plus dévoués figuraient Abu Bakr, un riche marchand reconnu pour son intégrité ; Umar ibn al-Khattab, qui deviendrait plus tard un puissant calife ; Ali ibn Abi Talib, le cousin de Muhammad ; et Bilal ibn Rabah, un ancien esclave d'Abyssinie qui devint le premier muezzin (celui qui appelle à la prière). L'épouse de Muhammad, Khadijah, fut également parmi les premières à croire en son message, et son soutien se révéla crucial durant les premières années, particulièrement difficiles. Ces premiers compagnons (Sahaba) formèrent une communauté soudée, unie par une foi commune et un engagement envers la mission de Muhammad.
Le Voyage nocturne et l'Hégire
L'un des événements les plus profonds de la tradition islamique est le Voyage nocturne, connu sous le nom d'Isra et de Mi'raj. Selon les sources islamiques, en une seule nuit, Muhammad voyagea de La Mecque à Jérusalem, puis monta à travers les cieux jusqu'à la présence de Dieu, recevant les instructions relatives aux cinq prières quotidiennes. Cette expérience mystique survint durant la période de persécution la plus oppressive et est commémorée chaque année dans le calendrier islamique lors de la 27e nuit du mois de Rajab. Les érudits musulmans ont abondamment écrit sur cet événement miraculeux, en analysant sa signification spirituelle et son contexte historique dans le cadre plus large de la mission de Muhammad.
En 622 de notre ère, face à une persécution de plus en plus sévère et reconnaissant que La Mecque n'accepterait jamais son message, Muhammad mena environ 150 fidèles lors de l'Hégire (la migration) vers la ville de Médine, située au nord de La Mecque. Ce voyage marque l'an 1 du calendrier islamique, établissant une nouvelle ère et transformant fondamentalement l'histoire de l'islam. À Médine, Muhammad établit la Constitution de Médine, un document novateur qui posait des principes de gouvernance, définissait les droits et les responsabilités des citoyens, et précisait les relations entre les communautés musulmanes et non musulmanes. Ce document est considéré comme l'une des premières constitutions écrites de l'histoire et reflète les enseignements islamiques sur la justice et le bien-être communautaire. La constitution protégeait les droits des minorités, établissait des procédures juridiques et créait une société multiconfessionnelle fondée sur des principes convenus.
Le Coran : révélation et préservation
Le Coran est l'Écriture sainte la plus sacrée de l'islam. Les musulmans croient qu'il est la parole littérale de Dieu (Allah), révélée au Prophète Muhammad par l'ange Gabriel sur une période de 23 ans. Rédigé en arabe classique, le Coran est divisé en 114 chapitres appelés sourates, contenant 6 236 versets appelés ayat. Les sourates varient considérablement en longueur, allant de courts chapitres de quelques versets seulement à de longs passages contenant des centaines de versets. Le Coran aborde la guidance spirituelle, les questions juridiques, les récits historiques, les enseignements moraux ainsi que les descriptions du paradis et de l'enfer. Les musulmans considèrent le texte coranique comme inimitable (i'jaz), soutenant que son éloquence, sa structure et sa profondeur spirituelle ne peuvent être reproduites ni dépassées.
La préservation du Coran est extraordinaire. Dès les premiers temps, les musulmans mémorisèrent l'intégralité du texte, une pratique qui se perpétue jusqu'à nos jours. Ceux qui mémorisent l'intégralité du Coran sont appelés hafiz (pluriel : huffaz). Cette tradition orale garantit que, même si les copies écrites venaient à être détruites, le Coran serait parfaitement préservé dans le cœur et l'esprit des croyants. La première compilation écrite officielle eut lieu sous le califat d'Uthman ibn Affan (644-656 de notre ère), qui établit un texte standardisé afin d'éviter les variantes qui avaient commencé à apparaître dans différentes régions. Plusieurs copies de ce texte furent distribuées dans le monde islamique, et le texte coranique est demeuré pratiquement inchangé depuis près de 1 400 ans. Cette cohérence du texte est remarquable comparée à d'autres textes religieux anciens qui ont subi de nombreuses révisions et modifications.
Le Coran est le livre le plus fréquemment récité au monde. Des millions de musulmans en récitent des passages chaque jour lors des prières, et l'intégralité du texte est récitée durant le Ramadan, le mois le plus sacré de l'islam. Des non-musulmans ont également reconnu la sophistication littéraire et linguistique du Coran, des érudits ayant relevé sa structure poétique, ses schémas rythmiques et la précision de sa langue arabe. De nombreux musulmans participent à des concours de récitation coranique (concours de Tajweed), lors desquels les participants démontrent leur maîtrise de la prononciation correcte et des méthodes de récitation mélodique.
Les cinq piliers : le fondement de la pratique islamique
Les cinq piliers constituent le fondement de la pratique religieuse islamique et représentent les obligations essentielles que tout musulman doit accomplir. Ces piliers sont la Shahada, la Salat, la Zakat, le Sawm et le Hajj. Comprendre ces piliers est indispensable pour saisir la croyance et la pratique islamiques.
Le premier pilier est la Shahada, la déclaration de foi. Elle stipule : « Il n'y a de dieu qu'Allah et Muhammad est son messager. » Cette déclaration, simple mais profonde, résume le monothéisme islamique et l'acceptation de la mission prophétique de Muhammad. En prononçant sincèrement la Shahada, on entre dans l'islam. Le témoignage comprend deux éléments essentiels : le rejet de toute divinité sauf Dieu et l'affirmation de la prophétie de Muhammad. Cette déclaration doit venir du cœur, avec une pleine compréhension et un engagement total.
Le deuxième pilier est la Salat, les cinq prières quotidiennes accomplies à des heures précises : l'aube (Fajr), le milieu du jour (Dhuhr), l'après-midi (Asr), le coucher du soleil (Maghrib) et la nuit (Isha). Chaque prière se compose de mouvements et de récitations prescrits, effectués en direction de la Kaaba à La Mecque, une orientation appelée la Qibla. Avant les prières, les musulmans effectuent le Wudu, une purification rituelle consistant à se laver les mains, les avant-bras, le visage et les pieds, symbolisant à la fois une purification physique et spirituelle. Les prières peuvent être accomplies individuellement ou en congrégation. Lorsqu'elles sont accomplies en congrégation, les musulmans se tiennent épaule contre épaule en rangs, soulignant l'égalité et la communauté indépendamment du statut social ou de la richesse. La prière en congrégation du vendredi à midi, appelée Jumu'ah, revêt une importance particulière et rassemble des milliers, voire des millions de fidèles dans les grandes mosquées du monde entier. L'imam (le guide de la prière) conduit la congrégation dans les prières tout en prononçant un sermon (khutbah) abordant des préoccupations spirituelles et communautaires.
Le troisième pilier est la Zakat, souvent traduite par aumône ou charité obligatoire. Les musulmans disposant de suffisamment de richesses doivent verser annuellement 2,5 pour cent de leur richesse accumulée pour aider les pauvres, soutenir les personnes dans le besoin, assister les malades, affranchir des esclaves et soutenir la cause de l'islam. La Zakat n'est pas considérée comme une charité au sens occidental du terme, mais plutôt comme une obligation obligatoire et un droit des pauvres. Cette redistribution des richesses renforce la cohésion sociale et garantit que les membres les plus vulnérables de la société sont pris en charge. La Zakat purifie la richesse et l'âme tout en favorisant la justice sociale et l'équité économique au sein des communautés musulmanes.
Le quatrième pilier est le Sawm, le jeûne observé durant le Ramadan, le neuvième mois de l'islam dans le calendrier lunaire. Du lever jusqu'au coucher du soleil, les musulmans qui jeûnent s'abstiennent de nourriture, d'eau et d'autres besoins physiques en signe de dévotion envers Dieu et de solidarité avec les pauvres. Le Ramadan commémore le mois durant lequel Muhammad reçut sa première révélation. Le jeûne développe la discipline personnelle, la conscience spirituelle et l'empathie envers ceux qui souffrent de la faim. Au coucher du soleil, le jeûne est rompu par un repas appelé Iftar, souvent une occasion communautaire qui réunit les familles et les communautés. Le calendrier islamique étant lunaire, le Ramadan tombe à des périodes différentes chaque année selon le calendrier grégorien. Le mois se conclut par l'Aïd al-Fitr, une fête célébrant la fin du jeûne. Le jeûne est obligatoire pour tous les musulmans adultes en bonne santé et ne voyageant pas, bien que des exemptions existent pour les très jeunes enfants, les personnes âgées, les malades et les femmes enceintes ou allaitantes.
Le cinquième pilier est le Hajj, le pèlerinage à La Mecque requis de chaque musulman au moins une fois dans sa vie, à condition d'en avoir les moyens physiques et financiers. Chaque année, environ deux millions de pèlerins venus des quatre coins du globe convergent vers La Mecque pour accomplir une série de rites commémorant l'obéissance d'Abraham à Dieu et le dernier pèlerinage de Muhammad. Les pèlerins revêtent de simples vêtements blancs identiques appelés ihram, symbolisant l'égalité devant Dieu. Ils circumambulent la Kaaba sept fois, courent entre les collines de Safa et de Marwa, et se recueillent en prière sur le Mont Arafat. Le Hajj culmine avec la Fête du Sacrifice, appelée Aïd al-Adha, célébrée par des festins et des dons aux pauvres. Le Hajj représente le sommet spirituel et physique de la pratique islamique et crée un profond sentiment de fraternité entre les musulmans du monde entier. Cette expérience transforme les pèlerins sur le plan spirituel et émotionnel, créant des liens durables avec d'autres croyants d'origines diverses.
Le Califat des origines et l'expansion
Après la mort du Prophète Muhammad en 632 de notre ère, la direction de la communauté musulmane passa aux califes Rachidoun (les Califes bien guidés). Abu Bakr, proche compagnon de Muhammad, devint le premier calife (632-634 de notre ère). Bien que son règne ait été bref, Abu Bakr stabilisa l'État musulman et acheva la conquête de la péninsule arabique. Umar ibn al-Khattab, le deuxième calife (634-644 de notre ère), supervisa une expansion territoriale rapide, plaçant la Syrie, l'Irak, l'Égypte et la Perse sous domination islamique. Ses réformes administratives établirent un système de gouvernance sophistiqué qui servirait de modèle pendant des siècles. Uthman ibn Affan, le troisième calife (644-656 de notre ère), compila le texte coranique standardisé. Ali ibn Abi Talib, le quatrième calife (656-661 de notre ère), fut vénéré pour sa piété et son savoir, mais dut faire face à d'importants défis politiques.
La succession après la mort d'Ali aboutit à l'une des divisions les plus importantes de l'histoire de l'islam. Mu'awiyah, un proche du calife Uthman assassiné, contesta à Hassan, fils d'Ali, le droit à la direction, inaugurant ainsi la dynastie omeyyade. Le conflit aboutit finalement à la bataille de Karbala en 680 de notre ère, au cours de laquelle Hussein ibn Ali, petit-fils de Muhammad et fils d'Ali, fut tué avec ses partisans. La tragédie de Karbala devint un moment fondateur qui approfondit la division théologique et politique entre l'islam sunnite et l'islam chiite. Cet événement continue d'exercer une influence profonde sur la pratique religieuse et l'identité islamiques jusqu'à nos jours.
La scission sunnite-chiite
La scission entre les musulmans sunnites et chiites représente la principale division théologique au sein de l'islam. Cette division est née d'un désaccord sur la succession du Prophète et a évolué vers des traditions distinctes aux pratiques, aux écoles jurisprudentielles et aux orientations théologiques différentes. Comprendre cette scission est essentiel pour saisir l'islam moderne et ses diverses expressions.
Les musulmans sunnites, qui représentent 85 à 90 pour cent de la population musulmane mondiale, estiment que le Prophète n'a pas explicitement désigné de successeur et que la direction devait revenir à l'individu le plus qualifié, choisi par la communauté. Les musulmans chiites, qui représentent 10 à 15 pour cent, croient que le Prophète a explicitement désigné Ali ibn Abi Talib comme son successeur et que la direction devait rester au sein de la famille du Prophète (Ahl al-Bayt). Ce désaccord fondamental a évolué vers des cadres théologiques différents, notamment en ce qui concerne le concept d'Imamat (direction et guidance).
La tradition chiite se subdivise en trois groupes principaux : les chiites Duodécimains, qui constituent la majorité des chiites et croient en douze Imams guidés par Dieu ; les chiites Ismaéliens, qui reconnaissent Ismail ibn Jafar comme le septième Imam légitime ; et les chiites Zaydites, un groupe moins nombreux. Chaque groupe a développé des traditions jurisprudentielles, des pratiques et des perspectives théologiques distinctes. La bataille de Karbala et le martyre de Hussein occupent une place centrale dans la vie spirituelle chiite, commémorés chaque année lors de l'Achoura par des commémorations d'une forte intensité émotionnelle et des cérémonies religieuses. Malgré leurs différences théologiques, les musulmans sunnites et chiites partagent les croyances fondamentales en le Coran, la prophétie de Muhammad et les principes fondamentaux de l'islam.
Les califats omeyyade et abbasside
Le Califat omeyyade (661-750 de notre ère) établit sa capitale à Damas et étendit rapidement le contrôle territorial islamique à l'Afrique du Nord, à l'Espagne et à l'Asie centrale. Les Omeyyades mirent en place une administration centralisée, frappèrent des monnaies et établirent des systèmes postaux. Cependant, au VIIIe siècle, le mécontentement à l'égard du pouvoir omeyyade déclencha la Révolution abbasside.
Le Califat abbasside (750-1258 de notre ère) déplaça la capitale à Bagdad et inaugura ce qui est généralement considéré comme l'Âge d'or de la civilisation islamique. Les califes abbassides, notamment al-Ma'mun (813-833 de notre ère) et al-Mansur (754-775 de notre ère), soutinrent activement l'érudition et la science. La Maison de la Sagesse, fondée à Bagdad par le calife al-Ma'mun, servit de centre intellectuel où des érudits traduisirent des textes grecs, persans et indiens en arabe et menèrent des recherches originales dans de multiples disciplines. Cette institution attira les plus grands esprits de l'époque et témoignait d'un engagement envers la quête du savoir.
L'Âge d'or de la civilisation islamique
Du VIIIe au XIIIe siècle, la civilisation islamique apporta des contributions extraordinaires à la connaissance et à la culture humaines, contributions qui façonnèrent le monde moderne. En mathématiques, al-Khwarizmi, un érudit du IXe siècle à Bagdad, développa des méthodes algébriques qui constituent le fondement de l'algèbre moderne. Son nom est à l'origine du mot « algorithme ». En médecine, Ibn Sina (980-1037 de notre ère), connu en Occident sous le nom d'Avicenne, écrivit le Canon de la médecine, une encyclopédie du savoir médical qui demeura le texte médical de référence en Europe et dans le monde islamique pendant des siècles. Al-Biruni (973-1048 de notre ère) apporta des contributions pionnières à la géographie, à l'astronomie et aux mathématiques, calculant avec précision la circonférence de la Terre des siècles avant l'existence des instruments modernes.
Les érudits islamiques réalisèrent des avancées pionnières en optique, en chimie, en astronomie et en philosophie. Ils préservèrent et transmirent les textes philosophiques et scientifiques grecs qui avaient été perdus en Occident, empêchant ainsi que ces savoirs ne soient définitivement perdus. Des universités, notamment Al-Qarawiyyin à Fès, au Maroc, fondée en 859 de notre ère, sont considérées comme les plus anciennes institutions d'enseignement supérieur du monde. L'architecture islamique produisit de magnifiques édifices, notamment la Grande Mosquée de Cordoue avec ses arches saisissantes, les motifs complexes ornant l'Alhambra de Grenade, ainsi que les traditions architecturales évolutives qui aboutiront au style ottoman. Ces réalisations témoignent de l'attachement de l'islam à l'apprentissage, à l'innovation et au développement culturel.
Le soufisme : la dimension mystique de l'islam
Le soufisme représente les dimensions mystiques et spirituelles de l'islam, mettant l'accent sur la connaissance expérientielle directe de Dieu à travers des pratiques spirituelles, l'ascétisme et la dévotion. Les confréries soufies (tariqah) émergèrent durant la période médiévale, chacune suivant des voies et des pratiques spirituelles particulières sous la conduite d'un maître (shaykh). Le soufisme offre aux musulmans un lien plus profond et plus personnel avec le divin, par le biais de disciplines spirituelles intensives.
Al-Ghazali (1058-1111 de notre ère), l'un des plus grands théologiens de l'islam, écrivit L'Incohérence des philosophes, une critique de la philosophie grecque qui réaffirma la primauté de la théologie islamique. L'œuvre d'Al-Ghazali équilibrait l'investigation rationnelle et la foi, démontrant que ces deux démarches n'ont pas besoin d'être en conflit. Le poète persan Rumi (1207-1273 de notre ère) fonda l'ordre Mevlevi, célèbre pour ses derviches tourneurs qui utilisent la rotation comme forme de prière et de méditation. Sa poésie spirituelle dans le Masnavi reste largement lue et citée. Les ordres Qadiriyya et Naqshbandiyya représentent deux des traditions soufies les plus anciennes et les plus répandues, avec des millions de fidèles dans le monde islamique. La spiritualité soufie a profondément influencé la culture, l'art, la musique et la littérature islamiques tout au long de l'histoire.
Le Hadith et la jurisprudence islamique
Le Hadith comprend des collections des paroles, des actes, des approbations et des descriptions du caractère du Prophète Muhammad. Après le Coran, le Hadith est la deuxième source la plus importante du droit et de la guidance islamiques. Des érudits passèrent des siècles à collecter et à authentifier soigneusement les rapports du Hadith, établissant des critères rigoureux pour déterminer quelles traditions étaient authentiques. Les collections les plus largement respectées sont celles compilées par al-Bukhari et Muslim ibn al-Hajjaj au IXe siècle. La science de l'authentification du Hadith (ilm al-hadith) développa des méthodologies sophistiquées pour vérifier l'exactitude et la fiabilité des traditions rapportées.
La jurisprudence islamique (Fiqh) se développa à mesure que des érudits s'efforçaient d'appliquer les principes coraniques et les orientations du Hadith à de nouvelles situations et sociétés. Quatre grandes écoles de jurisprudence sunnite émergèrent : l'école hanafite, prédominante en Asie centrale et dans l'Empire ottoman ; l'école malikite, dominante en Afrique de l'Ouest et du Nord ; l'école chaféite, répandue en Afrique de l'Est, en Asie du Sud-Est et dans certaines parties de l'Égypte ; et l'école hanbalite, la plus conservatrice, qui devint influente en Arabie Saoudite. La jurisprudence chiite développa ses propres écoles, notamment la tradition duodécimaine avec sa méthodologie distinctive. Cette diversité des écoles jurisprudentielles reflète la capacité de l'islam à s'adapter à différents contextes culturels et sociaux tout en maintenant ses principes fondamentaux. Ces écoles coexistent pacifiquement, permettant aux musulmans de choisir l'approche la mieux adaptée à leur situation.
L'architecture islamique et les sites sacrés
L'architecture islamique développa des caractéristiques distinctives, notamment le dôme, le minaret, l'arche et les élaborés motifs géométriques et floraux. La Masjid al-Haram à La Mecque, centrée sur la Kaaba, est le site le plus sacré de l'islam et l'une des plus grandes mosquées du monde, capable d'accueillir plusieurs millions de pèlerins durant le Hajj. La Kaaba, une structure cubique drapée de tissu noir, contient la Pierre Noire, que les musulmans croient être une pierre céleste offerte à Abraham par l'ange Gabriel. À l'intérieur de la Kaaba se trouve le puits de Zamzam, dont les pèlerins boivent l'eau pendant le Hajj, en commémoration de la quête d'eau de Hagar lorsqu'elle se retrouva seule dans le désert avec son fils Ismaël. La sainteté de la Kaaba s'étend à la zone environnante, créant une zone sacrée de paix et de sanctuaire.
La Mosquée du Prophète à Médine abrite le tombeau de Muhammad et est le deuxième site le plus sacré de l'islam. La Mosquée Al-Aqsa à Jérusalem et le Dôme du Rocher, achevé en 691 de notre ère, sont sacrés car ils marquent l'endroit où les musulmans croient que Muhammad monta au ciel lors du Voyage nocturne. La Grande Mosquée de Cordoue en Espagne illustre la sophistication de l'architecture islamique dans l'Europe médiévale avec ses arches rayées caractéristiques. La Mosquée Bleue, achevée en 1616 à Istanbul, représente le sommet de l'architecture ottomane avec ses élégants dômes et minarets. Ces édifices servent non seulement de lieux de culte, mais aussi de chefs-d'œuvre artistiques qui inspirent l'émerveillement et la contemplation spirituelle.
La calligraphie islamique et les traditions écrites
L'écriture arabe, composée de 28 lettres s'écrivant de droite à gauche, est devenue indissociable de la culture islamique. La tradition islamique interdit l'art figuratif dans les contextes religieux, considérant l'idolâtrie comme le péché suprême. Cette interdiction conduisit à l'élévation de la calligraphie au rang d'art sacré. Les versets coraniques et les formules sacrées sont rendus dans des écritures élaborées et magnifiques qui expriment la dévotion et la révérence spirituelle. La formule « Bismillah ar-Rahman ar-Rahim » (Au nom de Dieu, le Très Gracieux, le Très Miséricordieux), qui commence chaque chapitre du Coran sauf un, est rendue dans d'innombrables styles calligraphiques qui ornent les mosquées, les maisons et les textes religieux. Les maîtres calligraphes consacrèrent leur vie à perfectionner leur art, développant des styles personnels tout en maintenant lisibilité et harmonie esthétique. La calligraphie islamique est devenue une forme d'art majeure, reconnue dans le monde entier pour sa beauté et sa signification spirituelle.
Les principales confessions et la diversité
Bien que les traditions sunnite et chiite représentent les principales divisions, l'islam englobe d'autres groupes importants. La tradition ibadite, présente principalement à Oman et dans certaines parties de l'Afrique du Nord, s'est développée au début de l'histoire islamique et possède sa propre école jurisprudentielle. Le mouvement Ahmadiyya, fondé au XIXe siècle par Mirza Ghulam Ahmad, croit que le Mahdi (le réformateur attendu) est déjà apparu. La plupart des nations à majorité musulmane et des organisations islamiques dominantes ne reconnaissent pas les Ahmadis comme des musulmans, bien que ces derniers se considèrent eux-mêmes comme faisant partie de l'islam.
L'islam est remarquablement diversifié, avec des fidèles de toutes les ethnies, nationalités et origines culturelles. Les Arabes représentent moins de 20 pour cent de la population musulmane mondiale. Les musulmans d'Asie du Sud (Pakistan, Bangladesh, Inde), d'Asie du Sud-Est (Indonésie, Malaisie), de Turquie, d'Iran et d'Afrique subsaharienne constituent la majorité. Chaque région a développé des expressions culturelles distinctives de l'islam tout en maintenant son adhésion aux principes théologiques et juridiques fondamentaux. Cette diversité témoigne de l'attrait universel de l'islam et de sa capacité à transcender les frontières géographiques et culturelles.
Le Ramadan et les célébrations islamiques
Le Ramadan revêt une signification spirituelle suprême dans le calendrier islamique. Au-delà du jeûne, les musulmans consacrent davantage de temps à la prière, notamment aux prières spéciales du Taraweeh accomplies la nuit. De nombreux musulmans s'efforcent de lire l'intégralité du Coran durant le Ramadan. Les dix derniers jours du Ramadan sont particulièrement sacrés, car les musulmans croient que la Nuit du Destin (Laylat al-Qadr), lors de laquelle Muhammad reçut sa première révélation, se situe dans cette période. L'Aïd al-Fitr marque la fin du Ramadan par des festivités, des échanges de cadeaux et des dons à des œuvres caritatives. Durant le Ramadan, l'accent est mis sur la réflexion spirituelle, l'amélioration de soi et le renforcement des liens communautaires.
L'Aïd al-Adha commémore la disposition d'Abraham à sacrifier son fils en obéissance à Dieu. Les musulmans qui en ont les moyens sacrifient un animal (généralement un mouton, une chèvre, une vache ou un chameau) et distribuent la viande à la famille, aux amis et aux pauvres. Ces deux Aïds représentent les célébrations les plus importantes du calendrier islamique, célébrées par les musulmans du monde entier, quelle que soit leur origine culturelle. Les deux célébrations mettent l'accent sur la gratitude, la générosité et la communau

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