L'Union européenne
1951–présent — une union politique et économique de 27 États membres européens fondée sur six traités constitutifs.
L'Union européenne est une union politique et économique de vingt-sept États membres européens qui forment ensemble l'un des plus grands marchés uniques du monde et l'un des ensembles de nations souveraines les plus profondément intégrés. Fondée dans sa forme moderne par le traité de Maastricht de 1992 et bâtie sur une série de communautés antérieures remontant à 1951, l'Union combine des institutions supranationales et une coordination intergouvernementale dans les domaines de la politique économique, du commerce, de la justice, des affaires étrangères, de l'environnement, ainsi que de la régulation des marchés numériques et agricoles.
Présentation générale
L'Union européenne est une organisation internationale unique en son genre, qui combine les caractéristiques d'un État fédéral, d'une alliance confédérale et d'un organisme intergouvernemental classique. Ses vingt-sept États membres ont délégué une part substantielle de leur autorité juridique et politique aux institutions de l'Union dans des domaines tels que le commerce, la concurrence, l'agriculture, les douanes et la politique monétaire pour les pays utilisant l'euro. Dans d'autres domaines, notamment la fiscalité, la politique sociale, la défense et les affaires étrangères, la coopération reste plus proche de la diplomatie intergouvernementale traditionnelle et requiert généralement l'unanimité des gouvernements membres.
L'Union fait remonter sa filiation institutionnelle à la Communauté européenne du charbon et de l'acier de 1951, à la Communauté économique européenne et à l'Euratom créés par le traité de Rome en 1957, puis à l'Union européenne elle-même, née du traité de Maastricht entré en vigueur le 1er novembre 1993. Des traités successifs, dont le plus récent est le traité de Lisbonne de 2009, ont affiné l'équilibre des compétences entre l'Union et ses États membres, élargi les pouvoirs du Parlement européen élu au suffrage direct, et instauré un président permanent du Conseil européen ainsi qu'un Haut Représentant pour les affaires étrangères.
L'Union compte aujourd'hui une population totale d'environ 449 millions d'habitants et un produit intérieur brut cumulé qui la place parmi les trois principaux blocs économiques mondiaux, aux côtés des États-Unis et de la République populaire de Chine. Vingt États membres ont adopté l'euro comme monnaie commune, vingt-neuf États européens participent à l'espace Schengen de libre circulation, et le marché unique garantit la libre circulation des marchandises, des services, des capitaux et des personnes à travers les frontières intérieures. L'Union est gouvernée par sept institutions principales et un dense réseau d'agences, d'organes consultatifs et de procédures de codécision.
Le siège de l'Union européenne est à Bruxelles, avec des sièges supplémentaires à Strasbourg, au Luxembourg et à Francfort. Elle dispose du statut d'observateur aux Nations Unies, est membre à part entière de l'Organisation mondiale du commerce et participe au Groupe des Sept et au Groupe des Vingt en son nom propre, aux côtés des États membres. Son poids économique combiné, son marché unique réglementaire et son mélange singulier de gouvernance supranationale et intergouvernementale font de l'Union l'une des entités politiques les plus distinctives et les plus influentes de la scène internationale contemporaine.
Données clés
- Fondation officielle
- Entrée en vigueur du traité de Maastricht le 1er novembre 1993
- Origine institutionnelle
- Communauté européenne du charbon et de l'acier, traité de Paris, signé le 18 avril 1951
- États membres
- 27 (depuis le retrait du Royaume-Uni le 31 janvier 2020)
- Membres de la zone euro
- 20 États membres (la Croatie étant la plus récente, depuis le 1er janvier 2023)
- Espace Schengen
- 29 États européens participent à la zone de libre circulation sans contrôle aux frontières
- Population
- Environ 449 millions d'habitants
- PIB cumulé
- Environ 17 000 milliards d'euros (en valeur nominale, parmi les trois premières économies mondiales)
- Présidente actuelle de la Commission
- Ursula von der Leyen (second mandat entamé en décembre 2024)
- Président du Conseil européen
- António Costa (depuis le 1er décembre 2024, en succession de Charles Michel)
- Budget pluriannuel
- Cadre financier pluriannuel 2021–2027 : environ 1 200 milliards d'euros, auquel s'ajoute l'instrument de relance NextGenerationEU
- Langues officielles
- 24 langues officielles dotées d'une égale valeur juridique
- Siège principal
- Bruxelles (principal), avec le siège parlementaire à Strasbourg, les juridictions au Luxembourg et la banque centrale à Francfort
Origines
Les origines de la construction européenne résident dans les ravages de la Seconde Guerre mondiale et dans la recherche d'arrangements politiques et économiques susceptibles de rendre impossible une nouvelle guerre continentale en Europe. Le 9 mai 1950, le ministre français des Affaires étrangères Robert Schuman présenta une proposition, rédigée en grande partie par Jean Monnet, visant à placer la production française et allemande de charbon et d'acier sous une autorité supranationale unique, ouverte aux autres pays européens. La déclaration Schuman soutenait qu'en mettant en commun les matières premières de la guerre sous une gestion partagée, l'hostilité historique entre la France et l'Allemagne pourrait céder la place à des intérêts économiques communs et à une paix durable. Le 9 mai est désormais célébré chaque année comme la Journée de l'Europe.
Le traité de Paris, signé le 18 avril 1951 par la France, l'Allemagne de l'Ouest, l'Italie, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg, institua la Communauté européenne du charbon et de l'acier et donna vie au plan Schuman. La CECA créa une Haute Autorité supranationale, une Assemblée commune, un Conseil des ministres et une Cour de justice, constituant ensemble le modèle institutionnel qui allait guider l'intégration européenne ultérieure. Bien que son champ d'application fût limité, la CECA représentait la première fois dans l'histoire moderne que des États européens souverains avaient volontairement transféré une part significative de leur autorité réglementaire à un organe commun.
Les traités de Rome, signés le 25 mars 1957 par les mêmes six États fondateurs, approfondirent considérablement l'intégration. Ils instituèrent la Communauté économique européenne, qui se donnait pour objectif de créer une union douanière et un marché commun entre les six, ainsi que la Communauté européenne de l'énergie atomique (Euratom), chargée de coordonner le développement pacifique de l'énergie nucléaire. La CEE mit en place la politique agricole commune, introduisit un tarif extérieur commun et engagea les membres à assurer la libre circulation des marchandises, des services, des capitaux et des personnes, préfigurant le marché unique qui serait achevé des décennies plus tard. Tout au long de la guerre froide, les Communautés offrirent un cadre d'intégration pacifique parallèle à l'architecture de sécurité plus large de l'OTAN.
Le traité de fusion de 1965, entré en vigueur en 1967, réunit les institutions exécutives des trois Communautés en une Commission et un Conseil uniques. L'Acte unique européen, signé en février 1986 et en vigueur en juillet 1987, lança le programme visant à achever le marché unique d'ici la fin de 1992 et introduisit le vote à la majorité qualifiée pour de nombreuses mesures relatives au marché intérieur, réduisant ainsi la portée des droits de veto nationaux. Le marché unique fut formellement achevé le 1er janvier 1993. Dix mois plus tôt, le 7 février 1992, les ministres des Affaires étrangères avaient signé le traité sur l'Union européenne dans la ville néerlandaise de Maastricht ; le 1er novembre 1993, ce traité entra en vigueur et l'Union européenne naquit en tant qu'entité juridique.
Principaux traités
L'Union européenne et les Communautés qui l'ont précédée ont été remaniées par sept grandes révisions des traités. Chaque réforme a redéfini l'équilibre des pouvoirs entre les institutions, élargi les domaines de coopération ou accompagné l'adhésion de nouveaux États membres.
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18 avr. 1951
Traité de Paris — Communauté européenne du charbon et de l'acier
Les six États fondateurs placent la production de charbon et d'acier sous l'autorité d'une Haute Autorité supranationale. Entré en vigueur le 23 juillet 1952 ; expiré à son cinquantième anniversaire en 2002.
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25 mars 1957
Traités de Rome — CEE et Euratom
Instituent la Communauté économique européenne et l'Euratom, en lançant l'union douanière et en engageant les membres sur la voie des quatre libertés et d'une politique agricole commune.
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17 et 28 fév. 1986
Acte unique européen
Fixe l'objectif d'achèvement du marché intérieur d'ici la fin de 1992, étend le vote à la majorité qualifiée et ajoute des bases juridiques pour la politique environnementale et la recherche.
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7 fév. 1992
Traité de Maastricht — Traité sur l'Union européenne
Crée formellement l'Union européenne, instaure la citoyenneté européenne, établit le plan pour l'Union économique et monétaire, et ajoute des piliers pour la politique étrangère et la coopération en matière de justice. Entré en vigueur le 1er novembre 1993.
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2 oct. 1997
Traité d'Amsterdam
Renforce les pouvoirs de codécision du Parlement européen, intègre l'acquis de Schengen dans le cadre juridique de l'UE et élargit les compétences en matière d'emploi et de politique sociale.
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26 fév. 2001
Traité de Nice
Repondère les votes au Conseil et adapte les règles institutionnelles pour préparer l'Union au grand élargissement de 2004. Entré en vigueur le 1er février 2003.
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13 déc. 2007
Traité de Lisbonne
Remplace le traité constitutionnel rejeté, crée la présidence permanente du Conseil européen, instaure le poste de Haut Représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, donne force juridique à la Charte des droits fondamentaux et fixe la procédure de retrait de l'article 50. Entré en vigueur le 1er décembre 2009.
Institutions
Le traité sur l'Union européenne recense sept institutions principales, chacune dotée d'un rôle distinct dans la gouvernance législative, exécutive, judiciaire ou financière de l'Union. Elles forment ensemble un équilibre entre les organes supranationaux et la représentation des États membres.
Commission européenne
La Commission est l'organe exécutif de l'Union et la gardienne des traités. Elle seule détient le droit d'initiative législative pour la plupart des actes de droit de l'UE, propose le budget annuel, négocie les accords commerciaux et internationaux, et fait respecter les règles de concurrence et d'aides d'État. Elle est composée de vingt-sept commissaires, un par État membre, et est dirigée par une présidente investie par le Parlement européen.
- • Siège : Bruxelles
- • Présidente : Ursula von der Leyen (2024–)
- • Mandat : cinq ans
Parlement européen
Le Parlement est la seule institution de l'UE élue au suffrage direct. Ses 705 membres représentent les citoyens européens proportionnellement aux populations nationales et sont élus tous les cinq ans. Le Parlement partage le pouvoir législatif et budgétaire avec le Conseil de l'UE dans le cadre de la procédure législative ordinaire et contrôle politiquement la Commission.
- • Sièges : Strasbourg (plénière), Bruxelles, Luxembourg
- • Membres : 705 députés européens
- • Dernière élection : juin 2024
Conseil de l'Union européenne
Souvent appelé Conseil des ministres, cette institution réunit les ministres nationaux de chaque État membre selon la matière examinée. Le Conseil négocie et adopte les actes législatifs de l'UE conjointement avec le Parlement, coordonne les politiques économiques et conclut les accords internationaux. Sa présidence tournante change tous les six mois.
- • Siège : Bruxelles
- • Dix formations sectorielles
- • Vote : majorité qualifiée dans la plupart des domaines
Conseil européen
Distinct du Conseil de l'Union européenne, le Conseil européen réunit les chefs d'État ou de gouvernement des États membres, le président du Conseil européen et la présidente de la Commission. Il définit les grandes orientations politiques et les priorités de l'Union, sans exercer de fonctions législatives.
- • Siège : Bruxelles
- • Président : António Costa (2024–)
- • Se réunit au moins quatre fois par an
Cour de justice de l'Union européenne
La CJUE interprète le droit de l'UE et veille à son application uniforme dans tous les États membres. Elle comprend la Cour de justice proprement dite et le Tribunal. Des arrêts fondateurs sur l'effet direct et la primauté, à commencer par Van Gend en Loos (1963) et Costa c. ENEL (1964), ont établi le droit de l'UE comme un ordre juridique distinct, contraignant pour les juridictions nationales.
- • Siège : Luxembourg
- • Juges : un par État membre (Cour de justice)
- • Créée en : 1952
Banque centrale européenne
La BCE est responsable de la politique monétaire dans la zone euro, avec pour objectif premier la stabilité des prix. Conjointement avec les banques centrales nationales des États membres de la zone euro, elle constitue l'Eurosystème. Depuis la crise bancaire de 2012, la BCE supervise également les principaux établissements de crédit de la zone euro dans le cadre du Mécanisme de surveillance unique.
- • Siège : Francfort-sur-le-Main
- • Créée le : 1er juin 1998
- • Monnaie : euro (EUR)
Cour des comptes européenne
La Cour des comptes est l'auditeur externe indépendant de l'Union. Elle examine la légalité, la régularité et la bonne gestion financière des recettes et des dépenses de l'UE, et publie un rapport annuel sur l'exécution du budget européen, document essentiel pour la décision de décharge du Parlement.
- • Siège : Luxembourg
- • Membres : un par État membre
- • Créée en : 1977
Autres organes et agences
Aux côtés des sept institutions principales, l'Union dispose du Service européen pour l'action extérieure, placé sous la direction du Haut Représentant, de plus de quarante agences décentralisées dont l'Agence européenne des médicaments et Frontex, ainsi que d'organes consultatifs tels que le Comité économique et social européen et le Comité des régions.
- • SEAE : service diplomatique
- • Frontex : agence de protection des frontières extérieures
- • Banque européenne d'investissement : bras financier de l'UE
Élargissement
L'élargissement a été l'un des processus les plus transformateurs de l'histoire de la construction européenne. Partant des six États fondateurs, les Communautés européennes puis l'Union européenne se sont développées en huit vagues successives pour atteindre l'effectif actuel de vingt-sept pays. Chaque vague a nécessité de longues négociations, la reprise de l'ensemble du droit de l'UE connu sous le nom d'acquis communautaire, ainsi que des réformes politiques et économiques dans les États adhérents.
Le premier élargissement eut lieu en 1973 avec l'adhésion du Royaume-Uni, de l'Irlande et du Danemark, qui avaient initialement décliné d'adhérer. La Grèce suivit en 1981 après son retour à la démocratie, tandis que le Portugal et l'Espagne rejoignirent les Communautés en 1986 après des transitions démocratiques similaires. Ces élargissements méridionaux consolidèrent le projet européen en tant que communauté de démocraties au lendemain de la fin des dictatures en Ibérie et en Grèce.
En 1995, l'Autriche, la Finlande et la Suède adhérèrent à la suite de la fin de la guerre froide, amenant dans l'Union les États précédemment neutres d'Europe centrale et septentrionale. La Norvège avait négocié son adhésion, mais l'avait rejetée lors d'un référendum en 1994. Le plus grand élargissement de l'histoire, souvent qualifié de « Big Bang », eut lieu le 1er mai 2004, lorsque dix pays adhérèrent simultanément : la République tchèque, Chypre, l'Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la Slovaquie et la Slovénie. La Bulgarie et la Roumanie rejoignirent l'Union le 1er janvier 2007, et la Croatie devint le vingt-huitième État membre le 1er juillet 2013.
Des négociations d'adhésion sont en cours avec plusieurs États candidats. La Turquie bénéficie du statut de candidat depuis 1999, mais les négociations sont effectivement gelées depuis 2018. Le statut de candidat est également détenu par la Macédoine du Nord, le Monténégro, la Serbie, l'Albanie et, à la suite de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en février 2022, par l'Ukraine et la Moldavie depuis juin 2022, la Bosnie-Herzégovine depuis décembre 2022 et la Géorgie depuis décembre 2023. Le Kosovo détient le statut de candidat potentiel. L'élargissement demeure l'un des instruments de politique étrangère les plus puissants de l'Union, offrant une perspective d'adhésion à long terme en échange de réformes internes substantielles.
Marché unique et quatre libertés
Le marché unique, formellement achevé le 1er janvier 1993, est le cœur économique de l'Union européenne. Il rassemble les marchés nationaux des États membres en un vaste espace de plus de quatre cents millions de consommateurs, régi par des règles communes et affranchi de la plupart des obstacles intérieurs. Son fonctionnement repose sur quatre libertés fondamentales : la libre circulation des marchandises, des services, des capitaux et des personnes. Chacune de ces libertés est ancrée dans les traités fondateurs de Rome et a été développée au fil de plus de six décennies de législation et de jurisprudence de la Cour de justice.
Parallèlement au marché intérieur, l'Union maintient une union douanière. Tous les États membres appliquent un tarif extérieur commun aux marchandises importées de pays tiers et ne perçoivent pas de droits de douane sur les marchandises circulant à l'intérieur des frontières. La Commission européenne négocie les calendriers tarifaires et les accords commerciaux au nom de l'ensemble de l'Union au sein de l'Organisation mondiale du commerce, conférant au bloc une voix unique dans le commerce mondial. Un réseau d'accords de libre-échange bilatéraux couvre les principaux partenaires tels que le Japon, le Canada, le Mercosur, la Corée du Sud et le Royaume-Uni.
Libre circulation des marchandises
Les États membres ne peuvent imposer de droits de douane ni de restrictions quantitatives sur les marchandises originaires de l'Union. Le principe de reconnaissance mutuelle signifie que les produits légalement commercialisés dans un État membre peuvent en général l'être dans toute l'Union.
Libre prestation des services
Les prestataires de services établis dans un État membre ont le droit d'offrir des services transfrontaliers sur une base non discriminatoire. La directive Services de 2006 a codifié une grande partie de ce régime pour les professions réglementées et le commerce transfrontalier.
Libre circulation des capitaux
Les restrictions aux mouvements de capitaux et aux paiements entre États membres, ainsi qu'entre États membres et pays tiers, sont généralement interdites. Cette liberté est le fondement de l'intégration des marchés financiers européens et de l'investissement transfrontalier.
Libre circulation des personnes
Les citoyens de l'UE ont le droit de vivre et de travailler dans n'importe quel État membre. Ils bénéficient de l'accès au marché du travail, de la reconnaissance des qualifications professionnelles, de l'égalité d'accès aux prestations sociales et d'un droit dérivé au regroupement familial.
Espace Schengen
L'accord de Schengen de 1985 et la convention de 1990 ont supprimé les contrôles systématiques aux frontières intérieures entre les signataires. Vingt-neuf États européens y participent désormais, bien que des contrôles puissent être réintroduits temporairement en réponse à des menaces graves.
Union douanière
L'union douanière est antérieure au marché unique et s'étend au-delà de l'appartenance à l'UE grâce à des accords avec la Turquie, Andorre et Saint-Marin. Les marchandises mises en libre pratique à n'importe quelle frontière de l'UE peuvent ensuite circuler librement dans toute l'Union.
La zone euro
L'Union économique et monétaire est l'une des politiques les plus ambitieuses de l'Union européenne. Le traité de Maastricht a défini un plan en trois étapes pour l'introduction d'une monnaie unique, assorti de critères de convergence portant sur l'inflation, les déficits publics, les niveaux d'endettement, la stabilité des taux de change et les taux d'intérêt à long terme. La troisième phase de l'UEM débuta le 1er janvier 1999, lorsque l'euro fut introduit en tant que monnaie scripturale et que les taux de change de onze États membres fondateurs furent irrévocablement fixés par rapport à la nouvelle unité. Les billets et pièces en euros entrèrent en circulation le 1er janvier 2002, remplaçant les monnaies nationales des États membres participants.
Le nombre de membres de la zone euro n'a cessé de croître. Des onze membres d'origine en 1999, le groupe s'est élargi à vingt États membres, la Croatie étant la plus récente à avoir adopté la monnaie le 1er janvier 2023. Le Danemark bénéficie d'une dérogation permanente à l'égard de l'euro, tandis que les autres non-membres sont en principe tenus de rejoindre la zone euro dès lors qu'ils satisfont aux critères de convergence. La politique monétaire est définie par le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, dont le mandat premier est de maintenir la stabilité des prix, définie comme une inflation proche de, mais inférieure à, deux pour cent à moyen terme.
Entre 2010 et 2015, la zone euro affronta son épreuve la plus sévère avec la crise des dettes souveraines, déclenchée par la révélation de l'ampleur réelle du déficit grec. La Grèce, l'Irlande, le Portugal, l'Espagne et Chypre eurent chacun recours à des financements d'urgence, accordés d'abord par le Fonds européen de stabilité financière puis par le Mécanisme européen de stabilité permanent. Dans le même temps, la Banque centrale européenne déploya des mesures monétaires non conventionnelles, dont des opérations de refinancement à long terme et, à partir de 2015, des achats d'actifs à grande échelle, qui contribuèrent ensemble à apaiser les tensions sur les marchés obligataires, dans le sillage de l'engagement pris en 2012 par le président de la BCE Mario Draghi de faire tout ce qui est nécessaire pour préserver l'euro.
En réponse à la crise, la zone euro s'orienta vers une union bancaire centralisant la surveillance des principaux établissements de crédit au sein de la BCE via le Mécanisme de surveillance unique, et instaurant un cadre commun de résolution des défaillances bancaires par le biais du Mécanisme de résolution unique. Un système européen de garantie des dépôts reste en cours de négociation. L'euro est aujourd'hui la deuxième monnaie de réserve la plus détenue au monde, utilisée par plus de 340 millions d'habitants de la zone euro et servant de monnaie légale ou de facto dans plusieurs territoires non membres de l'UE.
Principaux domaines d'action
L'Union intervient dans un vaste éventail de domaines définis par les traités. Dans certains, tels que la concurrence, les douanes, la politique monétaire pour la zone euro et le commerce, l'Union dispose d'une compétence exclusive. Dans d'autres, notamment l'agriculture, l'environnement, la protection des consommateurs et l'énergie, l'Union partage sa compétence avec les États membres.
Politique agricole commune
Instituée par le traité de Rome en 1957, la PAC soutient les agriculteurs par le biais de paiements directs au revenu et de financements pour le développement rural. Elle demeure l'un des postes budgétaires les plus importants et a été réformée à plusieurs reprises pour réduire les subventions faussant les marchés et promouvoir les normes environnementales.
Politique de cohésion
Les fonds de cohésion et les fonds structurels orientent des ressources vers les régions les moins favorisées afin de réduire les disparités de développement. Le Fonds européen de développement régional, le Fonds social européen+ et le Fonds de cohésion en sont les principaux instruments et représentent environ un tiers du budget de l'UE.
Concurrence et aides d'État
La Commission fait respecter les règles contre les ententes anticoncurrentielles, les abus de position dominante et les aides d'État distorsives. Le contrôle des concentrations impose la notification des grandes opérations, et des affaires emblématiques ont abouti à des amendes de plusieurs milliards d'euros à l'encontre de grandes entreprises technologiques et industrielles mondiales.
Pacte vert européen
Lancé en décembre 2019, le Pacte vert fixe un objectif contraignant de neutralité climatique d'ici 2050 et une réduction intermédiaire des émissions nettes de gaz à effet de serre d'au moins cinquante-cinq pour cent par rapport aux niveaux de 1990 d'ici 2030. Son paquet « Fit for 55 » réforme en profondeur le marché carbone ainsi que les règles en matière d'énergie, de bâtiments et de transports.
Règlement général sur la protection des données
Applicable depuis le 25 mai 2018, le RGPD harmonise le droit de la protection des données dans toute l'Union et s'applique de manière extraterritoriale aux entreprises qui traitent les données personnelles de résidents de l'UE. Les autorités nationales de protection des données et le Comité européen de la protection des données coopèrent à son application.
Règlements sur les marchés et les services numériques
Adoptés en 2022 et applicables à partir de 2023 et 2024, le règlement sur les marchés numériques (DMA) soumet les grandes plateformes en ligne à des obligations ex ante en matière d'interopérabilité, d'auto-préférence et d'accès aux données, tandis que le règlement sur les services numériques (DSA) fixe les responsabilités des intermédiaires en ligne en ce qui concerne les contenus illicites, la transparence et les risques systémiques.
Règlement sur l'intelligence artificielle
Adopté en 2024, le règlement sur l'IA est le premier cadre juridique complet au monde consacré à l'intelligence artificielle. Il repose sur une approche fondée sur les risques, interdisant un nombre limité d'applications, imposant des exigences strictes aux systèmes à haut risque et définissant des obligations de transparence et de gouvernance pour les modèles d'usage général.
Politique étrangère et de sécurité commune
La PESC, coordonnée par le Haut Représentant et le Service européen pour l'action extérieure, permet aux États membres de défendre des positions communes et de mener des actions communes sur la scène internationale. Les décisions sont en général prises à l'unanimité. La Coopération structurée permanente (CSP) et le Fonds européen de la défense favorisent un rapprochement en matière de capacités militaires et de recherche dans le domaine de la défense.
Brexit — Le retrait du Royaume-Uni
Le retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne, communément appelé Brexit, est le seul cas à ce jour dans lequel un État membre a invoqué la procédure de retrait prévue à l'article 50 du traité sur l'Union européenne. Le 23 juin 2016, les électeurs du Royaume-Uni ont approuvé par référendum la proposition de quitter l'Union, avec une marge de 51,9 % contre 48,1 %, pour un taux de participation de 72,2 %. Ce résultat a enclenché un processus juridique et politique complexe qui a profondément reconfiguré les relations entre le Royaume-Uni et l'Union pendant des années.
Le 29 mars 2017, la Première ministre Theresa May a officiellement notifié au Conseil européen l'intention du Royaume-Uni de se retirer, ouvrant une période de négociation de deux ans en vertu de l'article 50. Après plusieurs prorogations et le remplacement de Theresa May par Boris Johnson, les parties ont conclu l'accord de retrait, signé en janvier 2020 et entré en vigueur le 31 janvier 2020. À cette date, le Royaume-Uni a formellement cessé d'être membre de l'Union européenne après quarante-sept ans d'appartenance, et le nombre total d'États membres est passé de vingt-huit à vingt-sept.
Une période de transition s'est déroulée du 1er février 2020 au 31 décembre 2020, durant laquelle le Royaume-Uni est resté intégré au marché unique et à l'union douanière pendant que les négociations se poursuivaient sur la relation future. L'accord de commerce et de coopération UE-Royaume-Uni a été signé le 30 décembre 2020 et appliqué à partir du 1er janvier 2021. Il prévoit des tarifs nuls et des quotas nuls sur les marchandises satisfaisant aux règles d'origine, mais il a introduit de nouvelles formalités douanières, des contrôles sanitaires et phytosanitaires, ainsi que des restrictions sur les services transfrontaliers et la libre circulation des personnes.
Des dispositions particulières s'appliquent à l'Irlande du Nord en vertu du protocole sur l'Irlande/l'Irlande du Nord, réformé par le cadre de Windsor de 2023, qui maintient l'Irlande du Nord alignée sur certaines règles du marché unique afin d'éviter une frontière physique avec la République d'Irlande, tout en instaurant des contrôles différenciés dans les ports de l'île de Grande-Bretagne. Le Brexit a transformé les relations UE-Royaume-Uni, les faisant passer d'une pleine appartenance à un partenariat extérieur singulier, et demeure un point de référence dans les débats sur les coûts et les avantages du marché unique.
Défis et débats
L'Union européenne est confrontée à un certain nombre de débats politiques et institutionnels persistants. L'un des plus anciens est le supposé déficit démocratique, à savoir la préoccupation selon laquelle les décisions prises au niveau européen manquent de légitimité démocratique directe suffisante par rapport aux parlements nationaux. Les réformes successives des traités ont élargi les pouvoirs du Parlement européen élu au suffrage direct et introduit des instruments tels que l'Initiative citoyenne européenne, bien que les chercheurs continuent de débattre pour savoir si ces évolutions ont pleinement répondu à la question.
La crise migratoire de 2015 et 2016, au cours de laquelle plus d'un million de personnes sont arrivées dans l'Union par voie maritime en provenance de Syrie, d'Irak, d'Afghanistan et d'Afrique subsaharienne, a fait peser de fortes tensions sur l'espace Schengen et sur le système de Dublin en matière d'asile. Le Pacte sur la migration et l'asile, adopté en 2024, établit un cadre révisé pour les procédures aux frontières, la répartition des responsabilités à l'égard des demandeurs et un mécanisme de solidarité obligatoire entre les États membres. La migration et l'asile demeurent parmi les dossiers les plus politiquement clivants au sein de l'Union.
Les différends relatifs à l'État de droit se sont accentués depuis le milieu des années 2010, notamment avec la Hongrie et la Pologne. La Commission européenne a engagé des procédures d'infraction portant sur l'indépendance du pouvoir judiciaire, la liberté de la presse et la liberté académique, et le Conseil a activé la procédure de l'article 7 du traité sur l'Union européenne. Le règlement relatif à la conditionnalité liée à l'État de droit, adopté en 2020, subordonne le versement des fonds de l'UE au respect des principes de l'État de droit et a depuis lors été appliqué dans plusieurs cas.
Les débats sur l'autonomie stratégique et la coopération en matière de défense se sont intensifiés depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en février 2022. L'Union a apporté une aide financière, humanitaire et militaire à grande échelle à l'Ukraine par l'intermédiaire de la Facilité européenne pour la paix et a imposé des séries successives de sanctions économiques à la Russie. La Coopération structurée permanente (CSP), lancée en 2017, et le Fonds européen de la défense, opérationnel depuis 2021, favorisent la coopération entre États membres sur les projets de capacités militaires et la recherche dans le domaine de l'industrie de défense, en coordination avec l'OTAN.
En matière de perspectives, l'Union mène une vaste réflexion sur les implications institutionnelles d'un élargissement supplémentaire, notamment aux Balkans occidentaux et à l'est du continent. La Conférence sur l'avenir de l'Europe, qui s'est achevée en mai 2022, a formulé un ensemble de recommandations ambitieuses portant sur le climat, la santé, la démocratie et l'économie. Leur mise en œuvre se poursuit à travers des propositions législatives et des débats en cours sur la question de savoir si une nouvelle révision des traités sera nécessaire pour préparer les institutions à une Union pouvant compter plus de trente membres.
Sources
Les références détaillées, les sources de données et les sources institutionnelles relatives à l'ensemble du contenu de CountryReports sont répertoriées sur la page Sources. Les institutions officielles, agences européennes et centres de recherche académique suivants constituent les principales autorités sur lesquelles nous nous appuyons pour le contenu relatif à l'Union européenne. Chaque lien renvoie à la page d'accueil de l'institution ou à une sous-rubrique pertinente.
Institutions officielles de l'Union européenne
- Union européenne — Portail officiel — Point d'entrée centralisé vers les principales institutions, agences et publications de l'Union.
- Commission européenne — Organe exécutif de l'Union, source des propositions législatives, de la législation et des procédures d'infraction.
- Commission européenne — Directions générales (ec.europa.eu) — Directions générales couvrant la concurrence, le commerce, l'agriculture, la politique numérique, l'environnement et bien d'autres domaines.
- Parlement européen — Institution législative élue au suffrage direct, avec l'observatoire législatif, les comptes rendus pléniers et les rapports de commissions.
- Conseil de l'Union européenne et Conseil européen — Comptes rendus des réunions du Conseil, conclusions du Conseil européen et priorités des présidences tournantes.
- Cour de justice de l'Union européenne — Base de jurisprudence, notamment les arrêts fondateurs sur la primauté et l'effet direct du droit de l'UE.
- Banque centrale européenne — Décisions de politique monétaire, bulletins économiques et statistiques de la zone euro.
- Eurostat — Office statistique officiel de l'Union européenne, principale source de données démographiques, économiques et sociales sur les États membres.
- EUR-Lex — Répertoire officiel du droit de l'UE, avec les textes consolidés des traités, règlements, directives et jurisprudence.
- Cour des comptes européenne — Rapports annuels, rapports spéciaux et audits des recettes et dépenses de l'UE.
Instituts de recherche en politiques publiques
- Centre for European Policy Studies (CEPS) — Institut de recherche basé à Bruxelles, produisant des analyses portant sur les institutions de l'UE, la politique économique, l'énergie et les affaires étrangères.
- Institut Jacques Delors — Think tank parisien fondé par l'ancien président de la Commission, axé sur l'intégration européenne, la gouvernance économique et la citoyenneté.
- Bruegel — Think tank d'économie basé à Bruxelles, proposant des recherches et des données sur la politique macroéconomique de l'UE, le commerce, l'énergie et les questions numériques.
- Chatham House (Royal Institute of International Affairs) — Institut de politique indépendant basé à Londres, publiant des analyses sur la politique étrangère de l'UE, les relations UE-Royaume-Uni et la sécurité européenne.
Revues académiques à comité de lecture
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